Femmes alibis

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L’égalité des droits est au centre de nombreux débats chaque année à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Il est opportun, cette fois, de se demander si l’imposition d’un quota pour la représentation parlementaire féminine peut effectivement renforcer les droits des femmes.

La question surgit à ce moment précis parce qu’un comité ministériel devrait soumettre dans quelque temps ses recommandations pour une réforme du système électoral. Beaucoup d’observateurs estiment que cette instance se prononcera en faveur d’un seuil de représentation pour les femmes au Parlement.

Il est permis d’avoir des doutes sur l’efficacité d’une mesure instaurant un quota. Ce n’est pas certain qu’une telle obligation légale va nécessairement contribuer à l’empowerment des femmes.

L’expérience récente a montré qu’il est difficile de trouver un nombre suffisant de femmes disposées à se porter candidates aux élections. Si la loi les y oblige, la direction des partis alignera bien le nombre légal de candidates. Mais ces femmes sélectées rien que pour faire nombre auront-elles vraiment un impact sur la prise de décision au niveau national ? Dans beaucoup de pays qui ont adopté le système de quotas, on parle de «tokenism» ou de femmes alibis plutôt que d’avancée significative.

 En fait, transformer le Parlement en une vitrine qui crée, de manière forcée, l’apparence d’une égalité homme- femme serait un moyen parfait pour se laver les mains d’un problème plus profond. Le simple fait d’avoir davantage de femmes engagées dans le jeu parlementaire ne rend pas, en soi, la société plus juste et plus égalitaire.

Certes, il est légitime de vouloir une participation accrue des femmes à la vie parlementaire. Toute société moderne doit viser cet objectif honorable. Mais le meilleur moyen d’y parvenir, ce n’est pas à travers une mesure coercitive. La femme doit trouver sa place plus naturellement dans les instances de décision nationale. Pour aboutir à cette situation il faut favoriser une évolution des mentalités.Les ONG, les médias et les entreprises ont les moyens d’agir sur les comportements et les attitudes afin de lutter contre le sexisme.

Les quotas sont peu respectueux des femmes. Car ils présupposent qu’elles ne peuvent accéder au Parlement sur la base du mérite. Mettons la pression plutôt sur les dirigeants du pays pour qu’ils adoptent une politique plus inclusive vis-à-vis des femmes.

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