Lecturers marrons

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Il n’y a pas longtemps on qualifiait de «marron» une petite université privée qui se trouve à Ébène. Non seulement son permis d’opérer avait été octroyé dans des circonstances suspectes mais ses diplômes n’étaient reconnus par personne. Aujourd’hui, c’est au tour d’une université publique, l’UoM, d’être secouée par un scandale majeur. On parle de «Lecturers marrons» sévissant sur le campus de Réduit.

Ces enseignants ont trouvé un moyen astucieux pour arrondir leurs fins de mois. Ils exercent une double, voire une triple activité lucrative sans solliciter l’autorisation de l’employeur principal. En contournant les procédures, ils évitent de reverser à l’université un tiers de tout revenu provenant d’activité accessoire, comme prévu par les règlements. Ces enseignants marrons exercent donc au noir leur deuxième ou troisième emploi. De petits arrangements qui, somme toute, ne sont possibles que grâce à des complicités internes.

De plus, il y a une mobilisation des énergies au plus haut niveau de l’université ces jours-ci pour régler un problème de prime importance, semble-t-il : l’affectation des «office attendants» aux différents départements de l’institution. La priorité accordée à ce «roster» estsi élevée qu’il est même remonté jusqu’au bureau du Premier ministre. Oui, le PMO.

On peut comprendre qu’ayant à gérer ces «graves» crises qui agitent la prestigieuse institution, il reste peu de temps à la vice-chancelière, Romeela Mohee, pour s’occuper d’autres dossiers. Par exemple, celui de la recherche ou des études commanditées par des opérateurs privés. Dans beaucoup d’universités à l’étranger les enseignants-chercheurs monnayent leur expertise à travers un programme structuré. Un tel mécanisme, bien rodé, aurait pu générer des fonds et permettre à l’UoM de s’affranchir des subventions de l’État, au moins en partie.

Il y a peu de chances que le conseil d’administration de l’université qui se réunit demain ait inscrit à son agenda les perspectives de recherche dans des secteurs porteurs comme l’économie océanique, la biotechnologie ou les énergies renouvelables. Parce que les administrateurs doivent régler la grogne des enseignants marrons et celle des «attendants».

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