Le dilemme du CEB

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La confrontation entre Ivan Collendavelloo et Paul Bérenger sur le tarif de l’électricité renvoie à la fable de la cigale et la fourmi. Dans les deux cas, il y a opposition entre les valeurs de la prévoyance et celles du plaisir immédiat.

Le leader de l’opposition l’a encore répété hier dans les locaux de La Sentinelle : il veut faire baisser le prix de l'électricité car les cours du pétrole ont chuté. Le ministre de l’Énergie, lui, entend mettre de côté les excédents dégagés par le CEB afin d’accumuler des ressources pour investir dans la production d’électricité.

Paul Bérenger cite la baisse de l’essence à la pompe pour appuyer sa demande en faveur d’une baisse de l’électricité. Il a tort de comparer ce qui n’est pas comparable.

L’importation et la distribution des carburants ne nécessiteront aucun investissement lourd dans un proche avenir. Donc la STC n’a aucun besoin de constituer des réserves de trésorerie. Si le coût à l’achat de l’essence baisse, la STC peut naturellement répercuter cette baisse aux consommateurs.

En revanche, le CEB n’a pas cette possibilité. Elle fait face à une urgence. Il lui faut trouver des dizaines de milliards pour investir dans de nouvelles centrales sous peine d’occasionner une pénurie d'électricité dès l’an prochain.

En fait, le CEB n’a pas beaucoup d’options. Pour financer son projet de réaménagement de la centrale électrique de Saint-Louis, et celui de la centrale thermique de cycle combiné, il a besoin d’économiser ses sous. Maintenant, s’il baisse les tarifs, il se prive des gains générés par la baisse des matières premières. Il devra alors, le moment venu, financer ses projets en contractant des dettes. Ce qui aura pour conséquence d’imposer aux consommateurs (ou à leurs enfants) le fardeau du remboursement.

En outre, le CEB doit faire provision de ressources suffisantes pour honorer ses engagements en termes d’exploitation d’énergies renouvelables. La nouvelle structure de salaires qui sera en vigueur au CEB à partir de juillet 2017 pèsera également lourd dans son budget.

Pour séduire l’électorat, Ivan Collendavelloo aurait pu chanter dans le registre de la démagogie et baisser les tarifs. Mais il s’est probablement souvenu que «la cigale ayant chanté tout l'été» se trouva fort dépourvue par la suite.

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