Le film de l’histoire

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Il est difficile de se battre contre des experts indépendants de l’envergure de nTan. Les amis du clan Rawat ont donc choisi la défense classique de ceux qui sont impuissants face aux faits établis. Ils ont choisi de porter le débat sur le terrain de l’émotion. L’homme d’affaires est victime de vengeance politique, soutiennent-ils.

Un bref historique de l’affaire permet cependant de comprendre où se situe la réalité. Des faits antérieurs à la révocation de la licence de la Bramer Bank montrent que le groupe BAI a surtout été victime de ses propres carences.

Au début, c’est le pôle assurance du groupe qui éveille les soupçons. Les premiers signes de manquement à ses obligations sont relevés, dès 2002, par la FSC. Au fil de son enquête, le régulateur met au jour des éléments assez troublants et opte pour une investigation plus poussée.

La FSC fait appel, en 2004, à l’expertise des actuaires sud-africains. Il était reproché au BAI d’effectuer des opérations avec ses filiales à un niveau qui était trop risqué pour le public.

En avril 2007, c’est au tour du FMI d’exprimer ses doutes. Dans son «Financial System Stability Assessment», il signale que «data are not used to identify companies facing financial difficulties or breaching standards of prudent behavior». Il recommande de nouveaux règlements pour calculer le «insurer insolvency».

Cinq ans plus tard, soit en mai 2012, le FMI revient à la charge. Dans un document intitulé «Financial Sector Reforms» , il soutient que le problème du conglomérat n’a pas été réglé : «the issues are potentially serious for the policyholders, depositors and investors.»

Sa principale critique visait le niveau des opérations intra-groupe. Une pratique que le mouvement Lalit a décrite, dans un langage très imagé : «Ondire BAI pe atas so vas pa ar enn poto, me plito ar so prop lake.»

Entre-temps, KPMG fait une présentation de son audit des comptes de BAI. Cela se passe le 29 mars 2011. Face à l’audit committee du groupe, KPMG explique que sans la gymnastique comptable facilitée par la Banque des Mascareignes et impliquant une somme de Rs 3,6 milliards, la BAI aurait été en situation déficitaire. KPMG réitère ses doutes en mars 2013.

Inquiet, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, interroge, le 21 novembre 2013, le ministre des Finances d’alors sur le manque de réaction de l’État : «That has been going on for a number of years. Can I ask the hon. Vice-Prime Minister and Minister of Finance why the issue has not been resolved since it was first raised by the IMF?»

Finalement, c’est dans la nuit du 2 au 3 avril 2015 que «the issue has been resolved».

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