Système figé

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En cette période de rentrée scolaire, les parents se préoccupent des manuels, des uniformes et des leçons particulières. De plus, avec la proclamation des résultats des examens de fin du cycle secondaire, le stress est à son comble. Il faudrait pourtant qu’on s’arrête un instant pour réfléchir à la finalité de ce processus éducatif qui requiert un investissement humain et financier si marqué.

Nous constaterons surtout que l’architecture globale du système secondaire n’a guère évolué depuis l’indépendance. Il est vrai que dans certains collèges chanceux, on est passé du tableau noir au tableau blanc interactif. Mais ce n’est que l’amélioration d’un outil pédagogique.

Une vraie réforme éducative tient compte des grandes mutations sur le marché du travail. Or, les transformations profondes qui ont affecté le pays n’ont pu inspirer nos décideurs publics en matière d’éducation secondaire. Même la réforme projetée de la ministre Leela Devi Dookun n’y apportera que des retouches. Elle a bien l’intention d’introduire un National Certificate in Education à la fin de la Form III (Grade 9) mais aucune réforme fondamentale n’est envisagée.

Notre système secondaire est calqué sur celui qui avait cours en Grande-Bretagne, il y a quelques décennies. Ceci n’est pas étonnant, car il nous a été légué par le pouvoir colonial. Seulement, les Britanniques ont abandonné le système désuet depuis longtemps alors que nous continuons à nous y accrocher.

Tapez «O Levels in the UK» et Google vous renvoie, en première position, ces quelques lignes : «This article is about the secondary school leaving exam once taken in the United Kingdom…» Effectivement, comme le rappelait le quotidien Telegraph, le 3 avril 2014, «O-levels were brought in with A-levels in 1951 and were last taken in the UK in 1987».

Il n’y a pas que nos textes de loi qui sont conservateurs. En tant que nation, nous avons été incapables de refonder notre système éducatif. Il y a trop de blocages, trop de conservatismes à surmonter avant de pouvoir avancer. L’idée de remplacer les examens de Cambridge par le Baccalauréat International semblait, à un moment, pouvoir faire du chemin mais les résistances se sont avérées trop fortes.

Beaucoup de fonctionnaires de l’Éducation vont disséquer minutieusement les taux de réussite aux examens du secondaire, école par école, matière par matière. Savent-ils qu’il faut, parfois, lever le nez du guidon, sous peine de perdre l’équilibre ?

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