Combat passif

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Le boycott a toujours été l’arme des faibles, dit-on. Le vrai contestataire, lui, fait entendre sa voix et tente de convaincre. Or, pour faire face à la situation qui règne à l’ICAC, le MMM a choisi la fuite en avant. Il a démissionné du comité parlementaire de cette institution. On ne comprend pas comment cette absence pourra aboutir à un quelconque résultat positif.

Les trois députés du MMM qui siégeaient au sein du comité ont claqué la porte invoquant le manque de «crédibilité» de la commission. Ils s’élèvent contre la nomination de Shakila Jhungeer, une proche du MSM, comme membre du board de l’ICAC et fustigent «le ministre Roshi Bhadain qui vient de nommer un membre de sa famille au poste de directeur». Pour le député Rajesh Bhagwan, ce poste aurait dû être attribué après un appel à candidatures.

Pourtant, la loi anti-corruption est claire à ce propos : quand le poste de directeur général devient vacant, «the Prime Minister may appoint the Director of any of the Divisions referred to in section 28 to act as Director- General». La durée du contrat d’un directeur général par intérim ne peut dépasser neuf mois.

La démarche du MMM est contradictoire. Si le parti a des doutes sur le fonctionnement de l’ICAC, c’est à travers une présence au sein du comité parlementaire qu’il peut obtenir les réponses à ses questions. En démissionnant, le MMM se prive d’un moyen privilégié d’accéder à l’information et d’agir en conséquence.

D’ailleurs, le travailliste Shakeel Mohamed a bien compris le bénéfice qu’il peut tirer de sa présence à cette instance. Combatif, il déclare : «Si besoin est, je ferai appeler le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, responsable des nominations à l’ICAC ainsi que le ministre Roshi Bhadain pour qu’ils s’expliquent…» La loi permet effectivement au comité parlementaire de convoquer un ministre.

Ce n’est pas la première fois que le MMM choisit la tactique du silence. Invité à participer à des débats à la télévision, le MMM avait décliné l’offre l’année dernière parce qu’il ne voulait pas, disait-il, être «partie prenante de cette manipulation à outrance» qui sévit à la MBC.

Le MMM abdique ses responsabilités en matière de lutte contre la corruption. Il n’utilise pas ses droits de s’exprimer à la télévision nationale. Après avoir incarné l’opposition bienveillante en 2014, devient- il adepte de la politique des chaises vides ?

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