«Taisez-vous»

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Pour les faux démocrates, les hommes indépendants sont dangereux. C’est ce que les journalistes Ashok Beeharry et Ritvik Neerbun viennent d’apprendre à leurs dépens. Ils ont été punis pour avoir osé s’exprimer sur le service public de l’audiovisuel, pourtant un sujet d’intérêt général.

Invités par le Media Trust à un débat sur le thème «Quel avenir pour le journalisme de service public» en novembre, ces deux professionnels de la communication s’y sont exprimés en tant que citoyens libres. Considérant qu’il y a eu infraction à ses règlements internes, la MBC les a sommés de s’expliquer quant à leur présence sur le panel d’intervenants sans son autorisation.

Beaucoup ont considéré, alors, qu’il s’agit là d’une initiative venant d’un fonctionnaire pointilleux qui applique à la lettre des règlements d’une autre époque. L’on a estimé que, de toute façon, la médiation engagée par le syndicat de la MBC allait calmer les ardeurs procédurières de ce commis de l’État. En fait, c’est tout le contraire qui s’est produit. Ses menaces se sont transformées en acharnement.

Cette semaine, une lettre d’avertissement a été remise aux deux journalistes et des mesures de riposte extrêmement lourdes appliquées à leur encontre. L’affaire n’est plus considérée comme anodine, depuis.

Il est difficile d’identifier l’inquisiteur avec précision car la station nage en pleine confusion depuis le changement de gouvernement. Interrogé au Parlement, le ministre de tutelle, Roshi Badhain, n’a pas vraiment clarifié la situation: «The Team Leader Finance & Marketing has been designated as Officer-in-Charge of the Corporation. The latter is presently overseeing the daily operations of the MBC, in close collaboration with the acting Chairperson of the MBC and all Heads of Departments». Ce président intérimaire, c’est le PS Jugdish Dev Phokeer.

Quoi qu’il en soit, la punition infligée aux journalistes est disproportionnée par rapport à la faute alléguée. Ce qui laisse penser que derrière ces sanctions administratives se cache une lutte sourde entre deux tendances distinctes à la MBC. L’une, progressiste, veut aider l’audiovisuel à sortir de son état d’arriération, l’autre, opportuniste, se bat pour préserver ses intérêts.

Pour l’heure, le conflit tourne à l’avantage du clan rétrograde. Assez rétrograde, en tout cas, pour ne pas comprendre que l’on ne demande pas à un journaliste indépendant de se taire.

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