Le temps du partage

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C’est parce que le dialogue est un rouage essentiel du mécanisme démocratique qu’il faut se réjouir de la rencontre au Réduit ce matin entre le leader de l’opposition et la présidente. Si les échanges entre acteurs de la vie nationale arrivaient à être plus fréquents, la qualité de notre démocratie s’en trouvera rehaussée.

Ce sont les pouvoirs du président de la République qui feront l’objet du têteà- tête entre Ameenah Gurib-Fakim et Paul Bérenger. Ils vont discuter d’un thème qui est éminemment sensible mais qui ne devrait pas être tabou pour autant. La question mérite d’être portée sur une plate-forme nationale dans le contexte d’un dépoussiérage général de notre Constitution.

Il est vrai que la population garde un mauvais souvenir de la dernière fois où des dirigeants politiques ont proposé une réforme des pouvoirs du président. Le pays était alors effrayé par la perspective d’une réforme élaborée sur la base de calculs égotistes faits par deux personnages au cours de leurs séances secrètes de «koz kozé». Cela ne devrait pas nous empêcher de lancer, sur des bases plus saines, une réflexion nationale sur la question.

Une décision concertée visant à déplacer légèrement le centre de gravité du pouvoir de l’hôtel du gouvernement à la State House ne peut que rendre notre société plus juste, plus démocratique. Pour l’heure, notre système politique a des allures de monarchie avec un Premier ministre qui détient beaucoup trop de pouvoirs.

Il faut souhaiter que les deux protagonistes de la rencontre au sommet qui se tient ce matin ne se limitent pas à donner leur interprétation des dispositions actuelles de la Constitution par rapport aux nominations à des postes à haute responsabilité. En vérité, le Parquet a déjà donné son avis sur la question : le président a les mains liées quand il s’agit de postes créés sous une loi ordinaire. Il n’a d’autre option que de s’aligner sur le choix du Premier ministre.

Ce que l’on attend du chef de l’État et du leader de l’opposition, c’est une prise de position en faveur du rééquilibrage des pouvoirs à Maurice. Pour cela, il faut élargir l’agenda de la rencontre et appeler à une révision constitutionnelle en vue de renforcer les pouvoirs du président.

Idéalement, nous devons nous diriger vers une deuxième République dans laquelle le Premier ministre n’a pas le monopole du pouvoir. Il est d’autant plus important d’instaurer ce partage que dans une société pluriethnique, la diversité de la nation doit se refléter aux plus hauts niveaux de l’État. Il s’agit d’avoir un président qui n’a pas seulement valeur de symbole mais qui exerce un réel pouvoir.

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