Reality Check

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Ah mon Dieu ! Encore un qui pense qu’il sait ce que celui-ci souhaite !

M. Hervé Hardy, écrivant longuement dans l’express du 18 décembre, affirme ceci : « Dieu a bien créé la terre pour l’homme… donc nous devons utiliser à bon escient ce que Dieu a mis sur cette terre pour notre survie. Il nous a aussi donné les moyens pour combattre les prédateurs et les nuisances.»

Et si le prédateur principal, c’était l’homme? Celui qui , armé d’un fusil, massacre les espèces qui n’auraient, d’ailleurs, d’autre géniteur que… Surprise ! Le bon Dieu lui-même ! Qui massacre aussi des voisins qui, s’ils ont une «culture» trop différente , passent allègrement pour des… «espèces» de nuisances.

Comment arrive-t-on à la conclusion que la terre a été «créée pour l’homme»? Va-t-on arguer que c’est à cause de son intelligence qu’il se permet de dominer et parfois de massacrer les autres espèces? Est-ce cette même intelligence qui, pêle-mêle, est affichée à travers la pollution des rivières? La corruption? Le mensonge généralisé? Le pillage dévergondé de la mer? Rs 220 millions de billets de banque dans un coffre? L’équivalent, à quelques roupies près, de ce qui s’est transformé, un jour, en Sun Trust? Les guerres incessantes depuis des siècles? Les famines organisées? L’inquisition? Le fondamentalisme religieux qui tue «au nom de Dieu» et pour quelques dizaines de vierges «perpétuelles» au paradis? Drôle de démonstration d’intelligence qui comprend même – résolutions de COP21 mises de côte pour le moment – sa capacité à s’autodétruire, tant qu’il peut rouler en bagnole, s’éclairer à l’électricité qui brûle du charbon et manger de la viande productrice de méthane…

La nuisance qu’il a en vue : les chauves-souris ! M. Hardy est chasseur et il donne l’impression qu’il apprécie la chair de ce mammifère volant. Il a raison : en civet, c’est délicieux ! Cette recette fait sans doute partie de celles que le divin apprécie. Si, si, je vous l’assure à mon tour ! Après tout, la terre, c’est pour nous et notre plaisir. Le bon Dieu ne nous servira donc pas une soupe à la grimace…

(…) Les protestataires engagés vont-ils détruire leurs maisons en béton pour retourner, eux-mêmes, à du plus simple et du plus écologique ? Une maison entièrement recouverte de chaume peut-être, avec bougies, fosse d’aisance et touk d’eau de pluie ?

Ce qui nous emmène à Tamarin, où des habitants de l’endroit s’élèvent avec force contre un projet de développement, qui pourrait affecter, disent-ils, le barachois de l’endroit. Ils ont bien raison de défendre leur environnement et de s’insurger contre le tout-béton. Mais ne faudrait-il pas, en même temps, ne pas jouer aux hypocrites? Nous voulons tous des emplois et du développement économique afin de progresser soi-même mais aussi matériellement. Réalise-t-on que ce progrès matériel a un prix? Est-on prêt à le payer? Ou alors les protestataires engagés vont-ils détruire leurs maisons en béton pour retourner, eux-mêmes, à du plus simple et du plus écologique? Une maison entièrement recouverte de chaume peut-être, avec bougies, fosse d’aisance et touk d’eau de pluie? Car une vie plus respectueuse de l’écologie doit aussi inclure un changement de moeurs et d’habitudes, pas seulement pour les autres, mais aussi et d’abord pour soi-même.

Dont acte !

Certains irréductibles de l’écologie, quant à eux, nonobstant la grande réussite de Porlwi by Light, ont cherché et trouvé la petite bête : c’était un grand gaspillage de lumière ! Je crois qu’il faut regarder les chiffres pour ce qui est de la consommation d’électricité au niveau du CEB pour ces trois soirs-là. On y trouverait peut-être une petite surprise… En effet, j’ai éteint les lumières chez moi quand je suis allé à Port- Louis, deux soirs de suite. Et quand il y a 100 000 personnes à Port-Louis, il y a sans doute 30 000 maisons qui ne consomment pas de courant…

***

Le gouvernement vient de réitérer sa volonté de reformer le système électoral. Afin que ce vaste chantier soit enfin complété, il faudrait lui donner toutes ses chances. Pour commencer, chaque leader, chaque parti, bref, tout le leadership politique, se doit de tenir un langage de vérité. Il faut exposer tous les faits sur la table. Le système électoral n’a pu être reformé jusqu’ici car il y a énormément de «vested interests» en jeu. Chaque dynastie politique de notre pays doit d’abord s’assurer que son électorat traditionnel ne s’effrite pas avant de pouvoir soutenir un projet de loi.

Les Jugnauth vont bloquer toute tentative de réforme qui pourrait avoir un impact sur leur capital politique. C’est du reste un clash avec Paul Bérenger, alors qu’ils étaient en alliance avec les mauves, qui a fait capoter le dernier projet sérieux visant à reformer le système. Ivan Collendavelloo devrait en savoir plus que nous.

Outre la nécessité d’un mea culpa pour le retard apporté dans la concrétisation de la réforme électorale, nos politiciens doivent aussi y injecter une bonne dose de morale. Il faut lever le voile sur le financement politique qui peut, tel qu’il est pratiqué dans l’ombre, dans le secret, dans les officines, donner lieu à des actes de corruption. Tout le monde sait que les partis politiques existent en raison du financement du secteur privé – qui tend à arroser tous les partis, de manière proportionnelle en fonction de leurs calculs, intérêts, amitiés et affinités. Comme la COP21, l’accord de Port-Louis doit être un langage de vérité. Tout le monde ne peut pas gagner au jeu. Mais chacun doit faire quelques concessions au nom de l’intérêt général.

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