Restons éclairés

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Un nouvel obstacle s’érige sur la voie de la centrale thermique des Salines. En sus des nombreuses contraintes techniques et environnementales qu’elle doit surmonter, c’est un problème d’ordre social qu’il faut maintenant craindre. Des efforts sont entrepris pour mobiliser les habitants de la localité contre le projet.

La semaine dernière, le leader de l’opposition s’est rendu sur le site où seront installées des cuves de stockage en attendant la construction de la centrale. Il a conclu que le projet sera «inévitablement ene danger pou banne habitants». Pour l’instant, les ONG ne se sont pas encore mises de la partie mais cela n’étonnera personne si des fronts communs se mettent bientôt en campagne pour «Arrête coquin nou La Saline».

L’aménagement de ces cuves et la mise en opération à brève échéance de la centrale sont des éléments fondamentaux de la politique énergétique de Maurice. En raison de l’indécision prolongée des anciens dirigeants, le pays a atteint un stade critique en termes de production d’électricité. Le directeur général du CEB le reconnaît lui-même dans un document officiel : «Tout retard additionnel peut avoir des conséquences graves sur la fourniture d’électricité à partir de 2018.»

La situation s’est aggravée davantage cette semaine. Les négociations pour le financement des quatre moteurs de la centrale de St.-Louis butent désormais sur la prudence pointilleuse du bailleur de fonds, la BAD. Pourtant, le temps presse car ces nouveaux moteurs devaient être opérationnels en juin 2017.

Ce serait suicidaire si, en outre, des politiciens ou des ONG viennent trouver des excuses pour bloquer le projet des Salines également. Certes, une nouvelle situation s’est développée depuis que les instances environnementales ont exigé que les cuves soient plus éloignées des marécages et, par conséquent, plus près des habitations. Mais la solution n’est pas de mettre en scène des mouvements de protestation en s’appuyant sur les habitants concernés pour faire annuler ce projet porté par l’État.

Si les habitations jouxtant la zone identifiée par le CEB sont effectivement exposées aux inondations, il faudrait plutôt penser à déplacer les riverains. Les délocalisations engendrent bien entendu des souffrances humaines mais, comme à Mare-Chicose ou à Midlands, l’intérêt général doit primer. À condition de s’assurer que les habitants victimes d’expropriation soient adéquatement indemnisés.

Plus que jamais, le sens de l’intérêt général doit dominer. Nous n’avons pas le choix. Il faut sauver le pays du black-out.

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