Toujours Bhadain !

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On ne peut qu’être inquiet de voir la manière dont le débat démocratique s’enlise dans ce pays. Le ministre Bhadain veut défendre son projet de loi et demande à être entendu par le Bar Council : voilà une initiative fort louable pour un ministre de la République ! Cela fait longtemps qu’un ministre ne s’est pas prêté à ce genre d’exercice ! La dernière fois, c’était le ministre des Finances qui se prêtait au jeu sur le plateau de lexpress.mu, début septembre. Nous sommes, admettons-le, plus habitués à des monologues ou à des conférences de presse.

D’autant plus regrettable, donc, que s’ensuive, d’une part, un obstacle procédurier lamentable évoqué par le Bar Council lui-même. En effet, le Bar Council annonce qu’il ne peut entendre et discuter avec M. Bhadain parce qu’il n’est pas sur l’agenda ! Alors pourquoi ne pas rapidement consommer votre agenda après le débat évoqué sur ce que vous-même suggérez est un débat crucial pour nos libertés démocratiques ?

D’autre part, un employé du ministre Bhadain, fraîchement nommé sur le board de la SICOM, comme pour bien démontrer les réels dangers de confier de nouvelles bureaucraties au ministère de la Bonne gouvernance, se lance dans une enquête, qui ne peut aucunement être innocente, sur les factures payées à Me Domingue en tant que conseil légal de la SICOM ! Fait-il du zèle ou une commission ? Contrairement à Eliza Dolittle de My Fair Lady, nous avons donc eu droit à Elisa DoTooMuch… Tout cela relève d’infantilisme inquiétant.

Au stade actuel, l’amendement le plus probant est certainementle lien qui ne peut plus être inscrit pour plus de six semaines, ce qui force les autorités à prendre leurs responsabilités, avec le judiciaire pour tout «UnexplainedWealth Order» à être émis. Il reste une grosse question : à qui fait-on confiance pour nommer des responsables vraiment indépendants et solides à la tête de l’IRSA et de l’IRB ? Comme on vient de le voir, même la présidente peut dégainer trop rapidement…

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Dawood Rawat est enfin passé à l’action. Dans une plainte contre l’État, il réclame, en effet, la coquette somme de Rs 35 milliards du gouvernement, c-à-d du peuple – contribuable du pays. Si jamais cette plainte était écoutée positivement et était gagnée, ce serait, tenez-vous bien les côtes, un investisseur français, décoré de la légion d’honneur, qui toucherait un énorme dividende sur un investissement qui, à notre connaissance, n’émanait pas, au départ ni à aucun moment,de l’hexagone ! On sait que le monde est absurde, mais tout de même…

Dans cette plainte devant l’United Nations Commission on International Trade Law, il attaque le gouvernementlà où il est possiblement le plus faible et parle du fait quele pouvoir politique du jour savait à l’avance ce qu’il complotaitet en veut pour preuve le fait que le PM, son fils et le ministreBhadain ont tous enlevé leurs balances créditrices de la BramerBank, qui dévisse le 2 avril. Bhadain a, depuis, déclaré qu’il n’ajamais eu les Rs 6 millions queRawat dit qu’il a retirées le 18 février2015. Il parle lui de Rs 700 000 et ne précise pas de date.Peu importe. À ce niveau, la déclaration intempestive d’AneroodJugnauth, PM, en juin dernier suffit : «Abé ki, mo rannmwa couillon ?... Premié zafer monn tir mo kass !» Mais considéronstout de même le suivant en toute équité : soit ces troispersonnes auraient dû être restées bien tranquilles (et donc se«rann couillon»), ce qui les auraient exposées, par ailleurs, à êtretaxées d’avoir organisé le sauvetage éventuel de tous les déposantsde cette banque, au motif que cela protégeait leur propreintérêt ! Soit encore, il y a un délit d’initié ; ce qui, en principe,devrait donner un avantage aux «initiés» – or il n’y en a pas eu !Un drôle de cas de : Tails you lose, heads you do not win?

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