Duval, là où on ne l'attendait pas !

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Entre père et fils, aucune comparaison. Là où sir Gaëtan Duval, dont on célèbre bruyamment les 85 ans ce week-end, avait la réputation de pratiquer l’excès, le leader du PMSD fait, lui, dans la mesure, fuit les polémiques, résiste aux humiliations, pour mieux cultiver son image. Contre toute attente, ça marche ; un baromètre d’opinion de DCDM Research, publié en août, crédite Xavier-Luc Duval comme la personnalité préférée des Mauriciens, alors que les journalistes de La Sentinelle, lors du dernier exercice d’évaluation des ministres de l’actuel gouvernement, le placent en première position. Des résultats plutôt surprenants à l’égard d’un Xavier-Luc Duval qui a tout pour susciter des critiques.

Il a été un étroit partenaire de l’ancien Premier ministre, embourbé dans plusieurs scandales, ministre du gouvernement travailliste pendant dix ans, qu’il avait quitté, contraint et forcé, après la concrétisation de l’alliance rouge-mauve. En bon opportuniste, il alla faire alliance avec le MSM et le ML, n’hésitant pas à dire que «dimounn inn plin ar Ramgoolam», oubliant, démagogie oblige, qu’il a été aux côtés de cet homme pendant longtemps.

Alors que son président d’alors, Maurice Allet, jugea qu’il entraînait son parti vers le suicide, Duval fit la démonstration du contraire et donna au parti une certaine renaissance que d’aucuns qualifiaient de revival. Ainsi, quand l’électorat, en colère, décide d’éjecter le PTr-MMM hors du pouvoir, lui s’en sort non seulement (paradoxalement) indemne, mais fait mieux. Aux législatives de 2014, il réalise une meilleure performance qu’en 2010 à Quatre-Bornes, passant de 56,39 % à 62,16 %. Avec quatre députés et deux ministères sous la tutelle de Ramgoolam, le voici avec 11 députés (dont son fils élu en tête de liste à Curepipe) et quatre ministères dans le gouvernement Lepep. 

C’est dire que, sur un plan strictement politique, il a fait un choix qui le place toujours dans les arcanes du pouvoir. Un pouvoir que le leader du PMSD ne quitte jamais facilement. Combien de fois n’a-t-on pas dit, quand il était l’allié de Ramgoolam, qu’il allait claquer la porte rouge après des actes humiliants à son encontre ? Mais il n’en fut rien, malgré la grosse provocation avec l’affaire Sik Yuen, quand celui-ci, expulsé du PMSD, fut maintenu à son poste de ministre. Sa résilience est là. Faire acte de résistance, malgré les affronts. Au sein du gouvernement Lepep, il adopte la même attitude.

Quand Lutchmeenaraidoo, en pleine tempête BAI, affirme que c’est Ramgoolam qui avait à l’époque écrit les réponses de Duval, le ministre du Tourisme dément tranquillement, sans pour autant chercher la guerre avec le grand argentier. Même position adoptée quand le bouillant Soodhun lui cherche noise inutilement à cause d’une affiche sur la fête Eid ou encore quand le même Soodhun décida de se faire accompagner des députés de l’opposition du Mouvement patriotique plutôt que de ceux du PMSD.

Dans les deux cas, Duval n’attaque pas de front, répond diplomatiquement dans l’affaire de l’affiche sur sa page Facebook (qu’il alimente régulièrement) et regarde ensuite Soodhun, revenu à de meilleurs sentiments, le qualifier de frère. Et si, après les municipales, Gayan essaya de semer la zizanie, affirmant que le PMSD pourrait ne pas avoir de maire, encore une fois, Duval fait silence, et même s’il obtient une seule municipalité, il s’en contenta.

Ce sont les députés du Mouvement patriotique qui ont pu le sortir de ses gonds avec l’histoire des notes d’hôtel polémiques payés par la MTPA. Duval, conscient de la proximité du MP avec le Mouvement Liberater, traita alors la bande à Ganoo de lèche-bottes. Sa colère – du moins publique – n’est jamais allée plus loin. Pas de coup d’éclat non plus quand il assume le rôle de Premier ministre, à l’opposé d’un Soodhun qui nous a joué un petit film comique pour 72 heures de prime ministership. Résultat :  neuf mois plus tard, alors que plusieurs ministres souffrent déjà d’une mauvaise réputation, Duval s’en  sort plutôt  bien.

Le leader du PMSD, sourire en coin, discret, populaire, qui tisse sa toile bleue doucement, mais sûrement, serait-il plus stratège qu’on ne le pense ?

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