Système figé

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Le congé scolaire décrété à l’occasion du Teachers’ Day devrait être mis à profit pour réfléchir sur le contenu de l’enseignement. Cela ne sert à rien d’avoir des enseignants compétents et dévoués si les programmes d’études ne sont pas adaptés aux besoins du pays. Des programmes dont l’architecture n’a pas changé depuis l’indépendance.

Il est vrai que le gouvernement a ouvert un premier chantier éducatif d’envergure. Son objectif est d’instaurer la scolarité obligatoire sur neuf ans. Cette réforme portera un coup fatal à la culture du «ranking» et à la sélection précoce. Elle doit donc demeurer au coeur de l’action de l’Éducation nationale. Cependant, l’ambitieuse ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun est certainement capable de mener de front deux réformes importantes. L’une visant l’égalité, l’autre la qualité.

Une qualité que l’on est en mesure d’évaluer grâce aux tests PISA (Program for International Student Assessment). Presque une centaine de pays participent à ce programme qui donne une indication de l’efficacité de leur système éducatif. Les élèves sont appelés à répondre à des questions qui évaluent leurs savoirs et savoir-faire. Si Maurice hésite à se soumettre à ce programme, c’est probablement parce qu’elle craint un mauvais classement.

Le curriculum prescrit dans nos collèges se compose de programmes rédigés en Grande-Bretagne. Il est ahurissant que le pays va bientôt célébrer ses 50 années d’indépendance mais considère toujours la dépendance de Cambridge comme une vache sacrée. Même le plus progressiste des ministres ayant eu la responsabilité de l’Éducation, Steeve Obeegadoo, n’avait pas eu le courage de remettre en cause le lien avec l’expouvoir colonial.

Les politiciens ont peur d’y toucher parce que de nombreux parents pensent que sans le certificat de Cambridge, leurs enfants ne pourront pas poursuivre des études à l’étranger. Bien entendu, cette idée reçue n’a aucun fondement. Des pays comme la Tanzanie, l’Ouganda et le Nigeria, parmi tant d’autres, l’ont compris depuis longtemps. Ils délivrent des diplômes nationaux qui ouvrent la voie aux universités les plus prestigieuses.

Un diplôme du MES peut très bien sanctionner la fin des études secondaires. Il existe une deuxième option, le baccalauréat international. Ce programme va au-delà de l’apprentissage des connaissances et vise la formation globale d’une personne. Ce n’est pas de l’enseignement, c’est de l’éducation.

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