Sans appel d’offres

Avec le soutien de

La controverse entourant la nouvelle carte d’identité est à mi-chemin entre le débat politique et le mélodrame. Elle crée un bruit de fond médiatique qui dévie l’attention de l’opinion des véritables priorités du pays.

Parmi ceux qui mènent campagne bruyamment, il y a, certes, des citoyens honnêtes. Ceux-ci sont animés de motivations idéologiques fondées sur le droit à la protection de la vie privée. En revanche, d’autres contestataires s’appuient sur des arguments légers et parfois frivoles pour provoquer de l’agitation.

Ainsi, on a pu entendre certains participants au débat s’élever contre le prélèvement des empreintes des dix doigts alors que la carte d’identité biométrique n’en comprend que quatre. D’autres activistes trouvent scandaleux le stockage provisoire des empreintes. Il s’écoule quelques jours seulement entre la demande et le retrait de la carte, intervalle durant lequel les empreintes sont conservées dans un serveur.

Les plus pragmatiques ont compris les avantages que le citoyen peut tirer de l’avancée technologique que constitue la carte à puce. Ils savent que ce n’est pas parce que beaucoup d’entreprises ont adopté le pointage par empreintes digitales que les libertés individuelles de leurs employés sont compromises.

En revanche, ce qui devrait nous révolter tous, c’est le coût faramineux de la conversion à la nouvelle carte. Plus de Rs 1 milliard. On n’a pas beaucoup entendu le ministre de la Bonne gouvernance sur les circonstances suspectes dans lesquelles la firme singapourienne CrimsonLogic a obtenu le contrat en 2012.

En fait, Paul Bérenger, alors leader d’une opposition pas encore devenue loyale, avait levé le lièvre en octobre 2012. Par le biais d’une PNQ, il avait mis le doigt sur les manquements dans la façon de procéder du gouvernement de l’époque.

Il en est ressorti qu’en mars 2010, l’État avait décidé de suspendre l’exercice d’appel d’offres qui était en cours pour négocier directement avec CrimsonLogic. Au préalable, en 2009, un premier exercice qui avait abouti à la désignation de la firme SAGEM avait été annulé.

Faisant référence à ce premier appel d’offres, Paul Bérenger commenta : «Even if we take the highest bid, it was less than Rs 400 M, and now we are paying Rs1 billion 100 M… Without tenders.» Oui, sans appel d’offres.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires