Un homme, beaucoup d’affectés !

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Cela me frappe depuis quelque temps comment, grâce à l’instantanéité de l’information, de moins en moins de personnes peuvent affecter de plus en plus de monde !

Deux exemples. Commençons par le  Shoe Bomber , Richard Reid, qui tenta, en décembre 2001, de faire exploser un avion d’ American Airlines grâce à des explosifs placés dans… ses chaussures. Il manqua de réussite, fort heureusement, malgré des tentatives désespérées de sauter (!) à pieds joints dans la coursive de l’avion. Il fut heureusement maîtrisé par les autres passagers et confié aux policiers de Boston. Ayant plaidé coupable, il fut condamné à TROIS sentences de prison à vie, PLUS  110 ans de prison additionnelle, SANS possibilité de libération avant terme, ce qui me semble un peu démesuré et incohérent, vu ses intentions premières de tuer froidement les passagers innocents avec lesquels il voyageait. L’argent dépensé pendant tout ce temps-là, à le garder en prison, aurait certainement été plus utile à favoriser, mettons une éducation de qualité à quelques copines de Malala au Pakistan ? C’est vrai que le condamner à mort serait embêtant puisque ce serait une façon d’accéder à sa requête la plus vive d’aller au paradis, mais dans ce cas particulier, je ne vois vraiment pas pourquoi on le garde en vie… il n’y a aucune erreur judiciaire possible !

D’autant que le legs principal de Reid à la planète, ce sont les fouilles de plus en plus incommodantes dans les aéroports : chaussures, sangles, vestes, laptop, bouteilles d’eau, crèmes diverses… tout y passe. Et on le doit, au moins en partie, au Shoe Bomber. Un seul «fou de dieu» aura ainsi quelque peu empoisonné la vie des  2,8 milliards de passagers qui voyagent par avion annuellement…

Le deuxième exemple est moins connu, mais a des conséquences plus directes et graves. Il s’agit du Dr Andrew Wakefield, qui publia une «étude» en 1998, dans The Lancet , journal médical réputé, pour suggérer que le vaccin triple MMR ( Measles, Mumps and Rubella ) avait un lien de cause à effet avec l’autisme chez les enfants. Cette «étude» a, depuis, été totalement discréditée, notamment devant un panel du General Medical Council en 2010, qui le trouva coupable de trois douzaines de charges, dont quatre de malhonnêteté et  12 d’abus d’investigation sur des «developmentally challenged children» . Wakefield ne cessa de clamer son innocence, mais fut rayé comme médecin trois mois après que The Lancet a présenté ses excuses à son lectorat pour «recherche délibérément falsifiée» . Il fut subséquemment allégué que Wakefield avait un plan pour effrayer (suffisamment de parents afin de favoriser des intérêts commerciaux associés à des tests médicaux qui devaient être vendus en cas de litige en cour. 

Le point est qu’entre 1998 et 2010, il y eut suffisamment de parents apeurés par cette seule étude frauduleuse, publiée dans The Lancet, pour cesser d’administrer des vaccins à leurs enfants et pour mener à une résurgence de la rougeole et des oreillons aux États-Unis, en Irlande et en Grande-Bretagne, entraînant parfois la mort.

Plus près de nous, il y a Roshi Bhadain, qu’il ne faut comparer ni à un fou de dieu, ni à un scientifique malhonnête, bien évidemment, mais dont les interventions qui se multiplient commencent à affecter de plus en plus de monde dans ce pays. De l’enquête Dufry à la nationalisation des assurances de la BAI, de sa déclaration de «false affidavit» contre le DPP (avec Soodhun), aux Double Taxation Agreements avec l’Afrique du Sud ou l’Inde, de la «garantie» donnée aux investisseurs du Super Cash Back Gold (19,2 milliards, dont 12,8 milliards restent encore à payer !), aux 80 % garanties chez Bramer Asset Management, de la création de la NIC (profits en vue?), au rachat d’Apollo Bramwell  (à Rs 1,2 milliard, avec ses Rs 600 M de pertes annuelles et un contrat à Apollo (India) qui va inévitablement coûter), M. Bhadain affecte de plus en plus de monde. Et, ça se comprend, il souhaite être aimé pour tout cela. Mais est-il au moins possible de lui demander, ce faisant, de nous dispenser d’utiliser l’argent public ? Pourrait-il, d’ailleurs, à ce stade, nous faire un bilan intérimaire de ce que ses initiatives ont jusqu’ici coûté au contribuable ? 

Revenons finalement à l’affirmation de  M. Bhadain quant au sauvetage de 100 % des emplois en jeu chez Courts. M. Isaacs, lui, ne parle que de 80 %. M. Bhadain explique: c’est 100 % ; sauf pour les 20 % du Top Management . Si l’on a bien compris, peut-être que les compagnies (et les gouvernements ?) fonctionneront, désormais, mieux sans les 20 % de Top Management ?

C’est la toile de fond pour les investissements qui arrivent, tout ça ?

 
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