Résistance au changement

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Le filet qui assurait une protection efficace aux opérateurs de l’offshore mauricien est percé. Ceux qui admettent cette réalité savent que le secteur doit se réinventer. Sinon, il sera dépassé par les événements, prévoient-ils.

Cette vision réformiste est contestée par les éléments les plus conservateurs du Global Business. Ceux-ci s’accrochent aux modèles classiques et croient pouvoir jouir pendant longtemps encore de la protection que le traité fiscal signé avec l’Inde leur offre depuis plus de trente ans. Ils pensent qu’il est possible de conserver ce traité dans sa forme actuelle et s’opposent aux amendements fondamentaux qui sont en voie d’être apportés au document.

Pourtant, amendements ou pas, le modèle ancien est bien enterré. Une information parue hier dans un journal spécialisé devrait mettre tout le monde d’accord. Elle fait état d’une décision prise par une société indienne pour qui l’usage de Maurice pour la domiciliation de fonds d’investissement est bien une pratique ancienne, tombée en désuétude. L’article est accessible à l’adresse suivante : http://www.fundsglobalasia.com/regionalnews/15347-india-feared-to-closemauritius-tax-loophole

La raison avancée par la société en question, qui a choisi de créer son fonds en Irlande, confirme qu’il est bien temps de remodeler notre offshore : «It would be possible if, after a couple of years, the Indian government says the DTA (double taxation agreement, with Mauritius) is too loose, has led to tax evasion, and ends the treaty.» Pour cette société, comme pour d’autres, le traité existant est un «loophole that could be plugged some time in the future.»

Dans les circonstances actuelles, il reste à Maurice deux options. Soit, maintenir le traité existant et laisser planer l’incertitude sur l’offshore mauricien. Ou alors reconnaître que les investisseurs étrangers n’auront plus aucun intérêt à se prévaloir de la plate-forme mauricienne pour investir en Inde et s’engager dans un nouveau secteur d’activité.

Visiblement, les décideurs publics ont choisi la deuxième option. Prenant conscience du fait que le marché des capitaux (equity market) était condamné à mourir, ils ont choisi de développer une filière d’avenir, le marché d’obligations (bond and debt market).

Mais, c’est un fait connu, la résistance au changement a toujours été un obstacle majeur à l’innovation.

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