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Si tant est vrai que, sur le plan démocratique, un conseil municipal sans opposition n’est pas sain, en revanche, ce sont les citadins qui pourraient tirer profit de cette situation à direction unique dans les cinq villes. Désormais, les différentes équipes de nos mairies n’ont aucun prétexte et ne peuvent invoquer des visières, voire des méchancetés partisanes, qui bloqueraient la concrétisation de tel ou tel projet. Car tous – conseillers, maires et ministre des Collectivités locales – sont issus des rangs de l’Alliance Lepep.

Maintenant que les clameurs se sont tues et que des chapelets de promesses ont été égrenés ici et là par les nouveaux élus, les citadins s’attendent au grand nettoyage promis. D’abord celui des drains, des routes, des terrains en friche, des bazars, des foires, des jardins d’enfants qui tombent en ruine et qui n’attirent plus personne, et on en passe… Il suffirait que, dans une démarche de démocratie participative, les élus invitent les citadins qui connaissent très bien leur ville à leur exprimer leurs attentes pour qu’ils aient une idée de leur grande frustration.

Du reste, il y a aussi, dans le fort taux d’abstention enregistré aux municipales, un sentiment d’indifférence de la part des citoyens blasés qui n’ont, de leur ville, qu’une image de laideur et qui ne croient pas forcément que l’alternance des conseils municipaux favorisera un changement, voire une meilleure gestion. Ils en veulent pour preuve le problème récurrent des marchands ambulants, le forum de Curepipe, quand ils ne doivent pas rouvrir les vieux tiroirs des merveilleux souvenirs de jadis pour se remémorer à quoi ressemblaient le théâtre de Port-Louis et le Plaza dont on attend toujours inlassablement la réouverture… Même si on a compris que ces deux bâtiments faisant partie du patrimoine des Mauriciens auront l’attention du ministre et des nouveaux élus municipaux, tous attendent les résultats avant de se prononcer.

Cela dit, bien que la démarche des élus soit noble quand ils déclarent vouloir offrir un meilleur éclairage des routes, des réaménagements de jardins publics, une réactivité des centres communautaires et de jeunesse, il ne faut pas qu’ils oublient que ce ne sont là que de la gestion des affaires courantes et qu’il n’y a, dans l’implication de ces tâches, rien d’exceptionnel. Du reste, les conseillers, bien qu’on attende d’eux une certaine proximité et une attention certaine, ne descendront pas ramasser eux-mêmes nos ordures. Ce n’est pas leur job.

Par contre, on s’attend à ce que les nouveaux maires et leurs équipes respectives soient exigeants avec les travailleurs des mairies qui font régulièrement l’objet des critiques des citadins. Ceux-là qui s’acquittent de leurs taxes municipales sans obtenir satisfaction et qui finissent par grogner. Légitimement. La good governance, c’est aussi l’affaire des mairies. Mais au-delà de l’asphaltage des routes et de toutes les tâches qui font habituellement partie du travail des gestionnaires des municipalités, peut-on enfin espérer un plan large à long terme, dépassant le court mandat des premiers magistrats des villes pour repenser, développer et redynamiser nos villes ?

Qui, parmi ces nouveaux maires et leurs conseils municipaux, nous proposera des idées novatrices, créatrices pour réveiller et moderniser nos villes en les réadaptant à l’air du temps ? Qui proposera une meilleure qualité de vie avec pour objectif final la réconciliation des citadins avec leur ville ? Quand sonnera l’heure du bilan, les citoyens seront aux premières loges pour délivrer un certificat de compétence ou d’incompétence aux mams…

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