Et si l’heure du choix avait sonné ?

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Il n’est pas rare de nos jours de voir des sportifs de la région s’exiler volontairement des années durant dans un pays étranger afin d’y bénéficier des possibilités qu’offre une dynamique supérieure. Là ils trouvent réunies des conditions inexistantes chez eux : des partenaires d’entraînement appartenant à l’étage situé au-dessus, des méthodes de travail à la pointe du savoir technique et de la technologie, un circuit de stages et de compétitions permettant d’évaluer les heures de sacrifices préparatoires et de baliser la progression.

Il fut un temps où ces avantages étaient «réservés» à la Réunion de par son statut de territoire français. Un sportif réunionnais valeureux pouvait ainsi naturellement franchir les étapes menant aux championnats de France et s’aventurer même au-delà. Pendant ce temps, les autres îles de la région, Etats indépendants, effectuaient le difficile apprentissage du niveau africain. Des difficultés atténuées toutefois par les ouvertures qu’offrait la coopération entre Etats aux pays en développement. Le sport-études et les stages ont été des tremplins et des accélérateurs incomparables.

Ce que les «locomotives» toutefois sont en mesure d’accomplir reste hors de portée des «wagons». Mais locomotives et wagons ont besoin d’objectifs pour se situer. Les Jeux des îles de l’océan Indien sont-ils toujours cet objectif régional indispensable ? Ont-ils toujours leur raison d’être alors que foisonnent les compétitions africaines étagées qui donnent une autre dimension à la définition de «niveau régional» ? Alors que les invitations à participer viennent aujourd’hui d’Europe aussi bien que d’Asie ?

Ont-ils toujours leur raison d’être quand on sait le gigantisme qu’ils ont atteint et les coûts inhérents à leur maintien quadriennal ? Quand on sait aussi que la Réunion reçoit pour la troisième fois les pays de la région depuis la première édition des Jeux en 1979 et que ce club très select des pays plusieurs fois hôtes risque de ne renfermer que les «habitués» ?

Face aux défis à relever, défis d’ordre sociétal autres que sportifs, l’amitié entre les peuples pourra-t-elle faire pencher la balance du côté de la pérennisation des JIOI ? Les manifestations qui ont émaillé les Mondiaux de football au Brésil en 2014 soulignent avec force la hiérarchisation nécessaire des priorités quand la détresse humaine devient insupportable.

Sur cette échelle, plusieurs combats ne peuvent être relégués au second plan : ceux contre la pauvreté, l’amélioration de la fourniture en eau, le développement continu du système éducatif et de celui de la santé, la construction de logements sociaux, la lutte contre la fraude et la corruption. La poursuite du développement du sport sur le plan national, l’amélioration des infrastructures et l’extension du maillage sur le territoire nécessitent aussi de gros investissements. Il y a un amont à la compétition et il est, à bien des égards, nettement plus important que les tableaux de médailles sans valeur si ce n’est celui d’un orgueil dont on se passerait bien tellement il est futile face aux enjeux véritables.

L’organisation des Jeux des îles apporte son lot de progrès sur le plan infrastructurel certes mais il viendra un moment, forcément, où il faudra faire des choix.

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