Violence contre nos enfants : agissons !

Avec le soutien de

On a décidé de ne plus croiser les bras et d’assister passivement au massacre de nos enfants.

Le meurtre de la petite Eleana Edouarda Gentil, retrouvée morte le 15 avril, nous a bouleversés tous. À La Sentinelle, nous avons voulu associer notre apport citoyen à la lutte contre ces actes de barbarie.

Tous les cas de violence faite aux enfants ne finissent pas aussi tragiquement. Mais ils ont toujours des conséquences dramatiques pour ces futurs adultes, marqués à vie. Et nous nous sommes interrogés : combien de cas sont passés sous silence ? Soit parce que l’on ne croit pas l’enfant, soit parce que l’on ne veut pas l’écouter par peur du qu’endira-t-on. Pourtant, nos pages de faitsdivers regorgent de véritables faits de société, qui transcendent les générations, les classes sociales, les régions.

Pour arrêter le massacre et limiter les dégâts, il faut agir. D’où la campagne initiée par La Sentinelle, en partenariat avec le ministère de l’Égalité du genre, du développement de l’enfant et du bien-être de la famille ainsi que de Pédostop, Dialekt et Lead et ses partenaires médias, Radio One, Blue Fish, Cread, Défi Media Group.

En tant que groupe de presse, La Sentinelle ne pouvait éthiquement plus se contenter de rapporter ces cas de violence sur les enfants dans nos colonnes. Nos partenaires médias se sont joints à nous car c’est une cause dont dépend directement notre société dans son ensemble. C’est d’un plan d’action national dont le pays a besoin. Sensibiliser uniquement ne suffit plus.

C’est pourquoi nous avons lancé, hier, cette campagne, qui revêt trois volets : I) une campagne de communication nationale et grand public visant les adultes, avec billboards, annonces presse, Web et radio. Des articles sur le sujet viendront appuyer la campagne. Elle démarre le 25 juin et sera étalée sur deux semaines. Cet aspect de la campagne vise un objectif pédagogique et concret : que les adultes et parents soient en mesure d’identifier, de reconnaître, de décoder les messages qu’envoie un enfant victime; II) une formation des journalistes pour déboucher sur un protocole qui portera sur le traitement dans les journaux des violences sexuelles faites aux enfants (et plus généralement au traitement des faits-divers et des victimes). L’idée est de protéger ces enfants et les victimes en général (surtout de violences sexuelles, car nous véhiculons souvent encore malgré nous beaucoup de stéréotypes); III) la production de brochures dessinées visant les enfants des écoles primaires sur l’éducation sexuelle, orientée sur les abus. Cette action sera menée en collaboration avec le ministère de l’Éducation. Très sensible, elle demande un consciencieux travail préparatoire, effectué par des professionnels en psychologie, qui est en cours.

L’heure est venue d’arrêter de se voiler la face, de se cacher derrière l’hypocrisie. Car notre silence tue leur enfance.

***

Le rôle de la presse est aussi de dénoncer les manipulations de l’opinion par les politiciens en quête de sens ou de rôle.

La limite qu’aura franchie, cette semaine, avec une incroyable allégresse, Paul Bérenger, en commentant la défaite historique de son parti aux municipales, relèverait, selon nous, non pas de la mathématique mais davantage d’une schizophrénie chronique quelconque. Outre d’être mauvais perdant, il faut vraiment prendre les Mauriciens pour des abrutis ou être sérieusement coupé du terrain pour ne pas reconnaître que le MMM est loin d’être «plus fort que jamais».

Un slogan galvaudé et quelques chiffres extraits du contexte – les résultats indiquent clairement que l’alliance Lepep a obtenu 54,21 % des voix contre 31,7 % au MMM – ne pourront pas taire le fait que le MMM est aujourd’hui absent de tous les conseils municipaux, y compris ceux de Port-Louis et de Beau-Bassin–Rose-Hill. Un 120-0 retentissant que Bérenger essaie, encore, de présenter à son avantage… en comparant les votes de chaque parti – et non pas du bloc. C’est un jeu puéril, quand Bérenger lui-même est un adepte d’alliance, qu’il fait et défait au gré de ses humeurs et des scrutins…

Et encore une fois c’est Ramgoolam qui devient son bouc émissaire. Tel un vautour qui ne lésine pas sur les cadavres, il s’acharne sur le leader travailliste. Car, au fond, il sait qu’il ne peut pas blâmer Jugnauth qui a été plébiscité et qui a fait une belle bouchée de ces municipales, six mois après son sacre législatif. En choisissant de se focaliser sur la poutre pourrie du square Guy Rozemont qui s’effondre sur le Parti travailliste et Navin Ramgoolam, il nie celles qui lui barrent la vue. Le leader du MMM semble être soit dans le déni (qui est d’ordre psychologique), soit dans l’incapacité pathologique de voir la vérité en face : le MMM n’a plus d’assises solides. Avant ils avaient des dépôts fixes. Ceuxci sont partis grossir les rangs des 64 % qui ont boudé ces municipales. Car les partis politiques ont perdu, depuis belle lurette, la majorité de leur crédibilité.

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