Bérenger dans le rôle de démocrate

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En démocratie, le respect de l’opposition est une valeur essentielle. Le chef de l’opposition doit disposer d’un statut important, supérieur à celui des dirigeants à la retraite. Or, ce n’est pas le cas à Maurice depuis le 14 octobre dernier. L’ordre de préséance place le leader de l’opposition au 11e rang. C’est une anomalie. Paul Bérenger a raison de s’en indigner.

Pour humilier le leader de l’opposition d’alors, la liste avait été amendée par Navin Ramgoolam à l’occasion de la visite de la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj. C’était mesquin. Mais la bêtise n’a toujours pas été corrigée bien que cela fait six mois que le pays ait choisi de rompre avec l’ère ramgoolamienne.

Cet oubli est inexcusable même si la nouvelle majorité a pris des mesures en vue de la reconnaissance du statut de l’opposition. Par exemple, depuis le 13 mai dernier, le leader de l’opposition bénéficie d’un bureau à l’hôtel du gouvernement. Il s’agit d’une pièce qui a servi de Cabinet Room sous SSR. Le symbole est fort.

Navin Ramgoolam n’a jamais voulu donner un bureau au leader de l’opposition dans l’enceinte de l’hôtel du gouvernement. Il s’était contenté de lui offrir, il y a environ sept ans, un bureau à l’extérieur de ce lieu emblématique. Paul Bérenger avait refusé l’offre.

C’est bien pour l’équilibre des pouvoirs que le chef de l’opposition soit accueilli au coeur même de la machine gouvernementale. Mais il serait encore plus intéressant pour la démocratie si la majorité lui permettait également d’avoir un accès libre aux dossiers officiels. Non, ce n’est pas un rêve. C’est même un critère normal de la bonne gouvernance publique.

Du reste, l’alliance Lepep avait ellemême promis dans son manifeste électoral qu’un «Freedom of Information Act» sera introduit pour garantir la transparence et permettre la libre circulation des informations. Un premier pas sera franchi en donnant au leader de l’opposition la possibilité de consulter librement les documents d’intérêt public.

S’il parvient à faire respecter l’opposition, Paul Bérenger se fera pardonner le tort qu’il a fait à la démocratie en 2014 dans le rôle de leader d’une opposition «loyale».

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