«Vise la lune et tu atterriras sur la montagne»

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La chaîne de réactions enthousiastes, à Maurice comme ailleurs, provoquée par l’accession d’Ameenah Gurib-Fakim à la présidence, l’élan de fierté ressenti par plusieurs générations confondues incluant les jeunes qui se sont exprimés positivement sur les réseaux sociaux, l’accueil unanime de cette nomination, du Mauricien lambda aux dirigeants politiques, font croire que le pays n’est pas complètement perdu.

Malgré la fausse note résultant de l’étroitesse des mentalités des politiciens – on pense ici aux dirigeants de l’Alliance Lepep et aux parlementaires du MMM qui ont jugé utile de faire la démonstration de leur ti lespri en gâchant un moment rare du pays avec l’épisode de Bérenger (même si l’on peut comprendre le ressenti du leader de l’opposition devant le manque de respect) qui a préféré un walkout pour une question de place –, l’histoire retiendra que la nomination d’Ameenah Gurib-Fakim un certain 5 juin (date pas banale pour cette amoureuse des plantes qui se voit élevée au plus haut rang lors de la Journée mondiale de l’environnement) suscite un bel espoir.

L’espoir d’une population, habituée à assister placidement à la nomination des petits copains aux postes-clés, qui voit aujourd’hui une fille du sol inaugurer une nouvelle ère : celle qui permet à une Mauricienne intelligente et compétente, dont les qualités professionnelles vont au-delà de nos rives et n’ayant jamais appartenu à aucune famille politique, d’occuper le fauteuil de chef de l’État. Même si le timing de la nomination de madame Gurib-Fakim semble douteux (à l’approche des municipales), même si l’Alliance Lepep, les yeux rivés sur le scrutin du 14 juin, donne l’impression de faire les yeux doux à une frange de la population – en témoigne l’interminable émission sur la MBC vendredi dernier, censée nous dire la vérité sur l’affaire BAI, mais qui s’est révélée être une version (longue) des faits, racontée sous un seul angle, celui du gouvernement –, il faut reconnaître que SAJ est un homme de parole. Le pays se souviendra que c’est sous son gouvernement qu’une femme, et pas n’importe laquelle, a accédé à la plus haute marche de l’État.

Certes, dans un monde parfait, on voudrait oublier que, pendant la campagne électorale, on avait d’abord annoncé la communauté de la future hôte du Réduit avant de révéler son nom. Oui, mais voilà, la riche personnalité d’Ameenah Gurib-Fakim et sa carrière exemplaire sont telles que les Mauriciens, plus intelligents que nos politiciens, veulent regarder au-delà des visières ethniques. Et une grande majorité d’entre nous voient dans cette nomination la reconnaissance d’une citoyenne qui a toujours œuvré pour son pays et qui mérite la place qui lui revient aujourd’hui. Et ce, peu importe les tractations de basse politique faites autour de sa personne. C’est ainsi que chacun s’approprie la consécration de cette Mauricienne.

Dans un pays où le climat machiste a ses empreintes, la présidente de la République devient un porte-flambeau des femmes, alors que les jeunes voient en elle un modèle à suivre. Et si Ameenah Gurib-Fakim inspire le respect, c’est qu’au-delà du genre, elle symbolise les qualités dans lesquelles croient des milliers de familles mauriciennes : l’éducation – passeport vers l’avenir –, la culture de l’effort et du travail sans relâche. Pour progresser, avancer. Toujours…  De Plaine-Magnien où jadis la petite Ameenah a grandi à la State House, la scientifique vient démontrer que les femmes aussi, de par leurs capacités, peuvent être maîtresses de leur destin… Celle qui disait à sa fille «Vise la lune et tu atterriras sur la montagne» respire désormais au sommet de l’État mauricien…

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