Il faut dépolitiser les municipales !

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«SERVIR», et non pas se servir. Le ton nouveau est donné depuis hier par Madame la Présidente peu après sa prestation de serment. La chef de l’État lance un appel approprié eu égard au détournement de l’action politique (qui est noble sur le papier) à des fins bassement politiciennes (peu honorables sur le terrain). Ameenah Gurib-Fakim a, elle-même, bien malgré elle, été entraînée dans l’arène. Heureusement qu’elle a vite compris qu’elle n’a aucun intérêt à suivre les Bérenger, Mohamed et autres politiciens du même acabit, qui ne pensent qu’à leur cote d’impopularité au sein des franges spécifiques de notre électorat. Leur répondre, pour commencer, serait de descendre à leur piètre niveau.

 Le week-end prochain, des citadins feront résonner leur voix au chapitre de la démocratie locale. Au vu de la mayonnaise électorale qui ne monte pas, malgré les efforts désespérés de quelques tristes clowns, gageons que la majorité n’ira pas voter car les enjeux sont faussés à la base !

 Pour nombre d’entre eux, ces municipales se résument, avant tout, à un énième match entre Lepep et le MMM (soutenu officieusement par le PTr). Les enjeux régionaux sont relégués au second plan. Et la (piètre) qualité des administrateurs choisis pour se présenter devant l’électorat urbain illustre le manque de considération des partis vis-à-vis de leur électorat. Pour rendre leur importance aux municipales, les partis auraient dû aligner des candidats solides dans les villes – le MMM et le PTr au lieu de se plaindre en permanence auraient pu, par exemple, mettre leurs représentants (qui ont mordu la poussière aux dernières législatives) au service des villes. Obeegadoo, Nagalingum, Bhagwan, Boolell, Deerpalsing, Hossen, par exemple ? S’ils voulaient vraiment SERVIR leur nation, ces politiciens auraient pu commencer par améliorer le quotidien des citadins, remettre de l’ordre dans les comptes, débloquer les projets comme la rénovation du Plaza et du théâtre de Port-Louis… il y a tant à faire s’ils arrêtent de parler et commencent, enfin, à se retrousser les manches et investir le terrain !

 Pour revaloriser le rôle du conseiller et mieux gérer les municipalités, on ne peut manifestement plus compter sur nos partis nationaux. En fait, il s’agit de, ni plus ni moins, dépolitiser les municipales. Il faut se détourner de la politique politicienne et remettre le citadin – pas Bérenger ou Jugnauth – au centre des municipales. Cela ne devrait pas être un plébiscite contre un parti national ou pour une alliance au pouvoir, cela devrait être un «focus» sur le local, le régional, le quartier.

 Cette «dépolitisation» nécessaire pourrait alors entraîner la promotion de l’administration citadine. Il fut un temps où des maires étaient des administrateurs admirés par leurs mandants car ils faisaient la leçon à l’hôtel du gouvernement en lançant des initiatives reprises par la suite au niveau national. Mais c’était hier. Pas aujourd’hui.

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