Il n’a toujours pas compris ?

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L’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, se dit fier d’avoir distribué les terres de l’État à des «ti dimounn». C’est son droit de se sentir fier de ce qu’il a fait, mais outre l’intention, il y a, comme dirait Brel, «la manière». 

Je m’explique. 

Un gouvernement qui veut démocratiser l’accès à la terre a éminemment le droit de le faire, surtout s’il a un mandat populaire le décrétant. Cependant pour que la distribution du bien public à des «ti dimounn» ne soit pas l’équivalent, comme l’a dit Raj Meetarbhan hier, d’une distribution à «so dimounn», il faut non pas une mesure ou une façade de populisme, mais bien des critères d’équité, un système transparent, c’est-à-dire une méthode objective. 

Les Américains distribuent un certain nombre de «green cards» d’accès à la nationalité américaine chaque année, à travers un tirage au sort parfaitement objectif. Pour que le chauffeur de Nando Bodha ait autant de chance que le charbonnier de Chamarel ou le pandit Sungkur, on aurait pu retenir cette méthode équitable. On ne l’aura pas fait ! 

Alternativement, on aurait pu inviter TOUTE la population, par avis de presse (sans boycotter aucun lectorat, fut-il le plus nombreux…) à avoir accès au cadastre national, aux parcelles de terre que l’État considère louer à des particuliers, leur demander de soumettre annuellement des applications et laisser un comité de sages, totalement indépendants, appréhender les besoins, évaluer les mérites relatifs et établir les rentes à être payées. On ne l’aura pas fait non plus... 

Au contraire, la méthode Ramgoolam, honteusement, a trop souvent consisté à favoriser parents, amis et connaissances du sérail travailliste (Woochit, Sungkur, Gooljaury, Nundlall, Virahsawmy, Soornack, Ramjoorawan, etc.), souvent axé sur le n°5, d’ailleurs. 

Il n’y a pas de quoi être fier. Sauf vis-à-vis de la famille plutôt restreinte, plutôt particularisée… 

C’est d’ailleurs pour cela, aussi, qu’il a été balayé le 10 décembre dernier. Il n’a toujours pas compris ? 

PS : Au-delà de la démocratisation de l’accès aux terres appartenant à l’État, on aurait pu aussi, pour les terres industrielles et les sites hôteliers, par exemple, retenir la méthode de la mise aux enchères. Cela n’a pas, non plus, retenu l’attention ; la discrétion (premier) ministérielle demeurant la méthode privilégiée. On peut imaginer pourquoi.

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