Presse-bashing

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Des nervis ont agressé des journalistes dans l’exercice de leur fonction hier. Ce n’est pas la première fois que les professionnels des médias font face à des actes de violence ou au terrorisme verbal des hommes de main des politiciens. Toutefois, il est rare que les malfrats s’exécutent alors qu’il n’y a pas d’échéance électorale en vue. Ce qui montre qu’on a franchi une étape dans l’escalade de l’intolérance.

Cet affreux incident survient à quelques jours de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le 3 mai prochain, le monde sera donc appelé à réfléchir sur les atteintes portées à la liberté de la presse. À Plaine des Roches, hier, ce fut l’action d’un gang nordiste qui a servi à souligner à quel point ce thème devrait interpeller notre pays. Il s’agit d’un problème qui représente un défi déterminant pour la qualité de notre démocratie.

L’agression des journalistes, hier, n’était pas un acte spontané de quelques individus qui ont agi sous le coup de l’émotion. Elle était préméditée. Déjà, lors de l’interrogatoire de l’ancien ministre Anil Bachoo aux Casernes centrales, des partisans excités hurlaient des menaces à l’encontre des membres de la presse. Puis, à la suite de la perquisition de la demeure du dirigeant travailliste, des énergumènes déchaînés ont séquestré des journalistes qui filmaient la scène. Entretemps, un activiste surexcité a lancé sa voiture contre un groupe de journalistes qui se trouvait sur le trottoir. La police est finalement intervenue pour accompagner les journalistes au poste.

Ces méthodes musclées utilisées pour brimer la liberté d’expression sont un signe de faiblesse. Les gros bras qui s’en prennent à des journalistes, dont des femmes, n’ont pas d’arguments pour défendre leurs idées. Pour eux, débattre signifie insulter, menacer, taper.

Quand des journalistes sont menacés, c’est le droit de savoir de chaque citoyen qui est en danger. Ainsi, défendre la liberté de la presse, ce n’est pas le combat des seuls journalistes. L’ensemble de la population doit se sentir engagé. Car le public a le droit d’être informé.

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