Styles contrastés

Avec le soutien de

Ils vivent des situations semblables mais leurs tempéraments opposés les poussent à adopter des postures différentes. Arvin Boolell et Steeve Obeegadoo ont des difficultés à incarner le changement au sein de leur parti respectif. Mais c’est au travers d’approches différentes qu’ils font face au problème.

L’ex-député mauve est entré dans le vif du sujet cette semaine. Dans l’interview qu’il a accordée à l’expresdimanche, non seulement il ne fait plus mystère de ses ambitions mais il affiche une attitude totalement décomplexée vis-à-vis de son leader.

«Le MMM a un fonctionnement vieillot, ses structures sont sclérosées, ses pratiques désuètes et ses méthodes décrédibilisées. Avec ça, nous allons dans le mur», assène-t-il. Puis, sans prendre de gants, il décroche un direct : «Le MMM et son leader ont une image de gens arrogants, imperméables à la critique, sourds aux attentes de l’électorat.»

Obeegadoo quitte, un peu tardivement il est vrai, la cohorte des fidèles qui, par suivisme ou opportunisme, n’osent pas contrarier le leader. Il lui fallait du temps pour avoir ce courage. Maintenant, c’est fait. Nul ne sait si la sortie en règle d’Obeegadoo va bousculer ou pas le paysage politique, mais son comportement offensif fait déjà de lui un challenger authentique.

Pendant ce temps, un autre ambitieux ronge son frein. Arvin Boolell avance en douceur même s’il reste convaincu que Navin Ramgoolam, affaibli par les affaires politico-financières, représente un handicap pour le PTr. Celui qui doit se cantonner au rôle de porte-parole du parti, alors qu’il considère que le leadership doit lui revenir légitimement, fait montre de beaucoup de patience.

Il essaie encore, au détour de chaque phrase, de flatter son leader. Cela n’empêche pas de constater qu’une rivalité sourde s’est installée entre les deux hommes.

Après l’épisode des coffres-forts, beaucoup pensaient que l’ascension de Boolell pouvait enfin commencer. Ils ont eu tort. Le principal intéressé n’a même pas objecté à la manoeuvre de Navin Ramgoolam le samedi 21 mars, quand celui-ci est sorti de sa réserve pour commenter l’actualité. Boolell, mis sur la touche, n’a pas réagi.

Deux personnages, deux modes de fonctionnement. L’un tarde à entrer dans la peau d’un challenger tandis que l’autre a trouvé la force mentale pour parler franchement.

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