Les derniers chantiers de SAJ

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Il y a 25 ans, alors que naissait le premier numéro de 5-Plus Dimanche (voir notre édition spéciale dans ce journal), SAJ, Premier ministre d’alors au summum de sa forme, célébrait ses 60 ans au travers d’un rythme d’enfer. Un quart de siècle plus tard, il semble que l’avenir reste un long passé avec le même SAJ, qui fête ce dimanche ses 85 ans après avoir retrouvé le fauteuil de Premier ministre depuis décembre. Un anniversaire qui nous rappelle la scène de l’an dernier quand Bérenger illustrait l’image de la trahison – avec une photo qui a fait le buzz sur la Toile – en mettant un bout de gâteau dans la bouche de SAJ avant de trucider le Remake et de s’allier à Ramgoolam. Ce qui a fait dire au chef du gouvernement sur un ton humoristique, à l’Assemblée nationale pendant la clôture des débats sur le discoursprogramme, alors qu’il évoquait son anniversaire : «This time, I will bite any finger that tries to feed me a slice.»

À 85 ans, au soir de sa vie, SAJ réunit toutes les chances et pourrait, plus que n’importe quel autre Premier ministre, répondre aux attentes de changements de la population. Gouvernant sans la contrainte d’avoir à ménager sa réélection – on le voit mal se présenter devant l’électorat à 90 ans –, le leader de l’alliance Lepep, avec sa majorité confortable, peut, s’il le désire, façonner le visage d’un pays meilleur. Après avoir mené son camp à la victoire en décembre dernier contre tous les pronostics, après avoir passé le cap des 100 jours de manière honorable en obtenant 83 % d’opinions favorables selon un sondage DCDM pour l’express, après avoir respecté sa parole sur plusieurs mesures populaires tout en démontrant à travers la disgrâce de Ramgoolam de quoi l’opération netoyaz était capable, SAJ a fait montre de sa diff érence de style.

Contrairement à Ramgoolam, le Premier ministre a su prouver qu’il est un homme de décision et a joint la parole à quelques actes promis. Depuis lundi dernier, il peut se féliciter des retombées du «no tax budget» de son ministre des Finances, qui a le mérite d’avoir proposé quelques projets novateurs tout en faisant l’équilibre entre les mesures sociales et les grands chantiers de développement où le secteur privé est considéré comme un partenaire privilégié. Jusqu’ici, les rares fausses notes sont les protestations des joueurs et la surprise des opérateurs de jeux de hasard et des organisateurs de paris sur les courses et le foot qui ont raison de dénoncer une politique de deux poids deux mesures entre, d’un coté, les décisions sur les jeux de hasard et l’augmentation des taxes, et de l’autre la relance des casinos.

Après avoir bénéficié d’un climat plutôt favorable durant les trois premiers mois – où l’on aura quand même noté les premières erreurs de ce gouvernement : nominations scandaleuses, transfert du bureau du DPP sous l’autorité de l’Attorney General, épisode des ministres enquêteurs, interpellation de l’avoué Thandarayan –, SAJ est attendu au tournant par la population. Après les annonces, que ce soit dans le discoursprogramme ou dans le Budget, vient maintenant le temps des actes pour projeter le pays dans l’avenir. Le PM actuel laissera-t-il son empreinte sur les vastes chantiers attendus avec impatience : recul de la pauvreté à travers un nouveau plan Marshall, combat contre le chômage, lutte contre la fraude et la corruption, etc. ? Au moment où les leaders Bérenger (qui vient de célébrer ses 70 ans) et Ramgoolam paraissent impopulaires, SAJ entrera-t-il dans l’Histoire, à 85 ans, comme un faiseur de miracles économique, politique et social ?

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