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«UN NO-TAX BUDGET !» Et ce, malgré la récente hausse des pensions de vieillesse, des veuves et des orphelins qui coûte, quand même, Rs 4,7 milliards aux contribuables.

Un quart de siècle après son dernier Budget, le tandem sir Anerood Jugnauth-Vishnu Lutchmeenaraidoo frappe, à nouveau, les esprits. Malgré une faible marge de manoeuvre économique, le gouvernement Lepep a su maintenir plusieurs de ses promesses électorales (dont le problème d’approvisionnement en eau, l’abolition de la taxe de 10 sous sur les SMS, la dissémination des bornes Wi-Fi, la construction de logements sociaux plus décents). Mais le salaire minimum promis manque, lui, à l’appel.

Au coeur du Budget 2015-2016, la notion du «partage». La logique est la suivante : seule une répartition équilibrée des richesses peut assurer la paix sociale – qui est une condition sine qua non du développement durable.

Depuis quelques jours, Lutchmeenaraidoo le dit à demi-mot : il ne compte pas reprendre d’une main fiscale ce que l’autre main, sociale celle-là, avait donné. En confi rmant cela hier, il jette les bases d’une organisation sociale plus juste, qui se place au chevet des plus vulnérables de la société, tout en restant dans le cadre de la démocratie libérale.

Autre fait notable : la main tendue vers le privé – outre les six «méga projets» qui seront lancés sous peu – Lutchmeenaraidoo donne à l’entreprise privée un rôle-clé à jouer pour bien planter le concept de «valeur partagée». Jusqu’ici la responsabilité sociale de l’entreprise était une obligation imposée par l’État et qui donnait lieu à toutes sortes d’abus avec des ONG fictives.

Désormais, les entreprises devraient donc internaliser ces effets en se fixant, au même titre que leurs autres objectifs stratégiques, des buts en termes de bien-être des populations voisines de leurs établissements, d’éducation, de protection de l’environnement. Ce qui peut contribuer à retrouver le respect et l’estime de la population tout en accroissant leur compétitivité : les entreprises peuvent créer de la valeur économique tout en créant de la valeur sociétale.

À bien des égards, le chômage est aussi lié au «law and order». Pour ce qui est de la création d’emplois, le gouvernement semble miser à fond – non plus sur les «jeux de hasard» mais sur les PME, appelées à être, dans le futur, au coeur de l’économie mauricienne.

Ce que l’on peut, en revanche, reprocher au Budget, c’est que le discours est, dans la forme, quelque peu mal fagoté. Aussi, on peut avoir l’impression, qu’en se focalisant sur les «smart cities» le gouvernement laisse, plus ou moins, le privé gérer seul les problèmes sociaux dans les villes et villages. Au niveau des investissements, on n’a pas été conquis, car c’est clair que les «méga projets» vont prendre du temps à se matérialiser – un peu comme le métro léger qui est aujourd’hui rangé aux oubliettes. Et l’on se demande si, entre-temps, les PME et les «chantiers de construction» vont pouvoir effectivement créer 15 000 nouveaux emplois promis tous les ans ? Et de renouer avec une croissance moins molle que ces dernières années.

Si la démocratisation de l’économie version Ramgoolam a cassé bien des ressorts mis en place dans les années 80 – quand on a eu le «miracle économique mauricien» – il importe, aujourd’hui, pour réussir ce «2e miracle», qu’on encourage le travail, la discipline et la productivité. Car il est difficile, par exemple, de réconcilier les termes «méritocratie» et «good governance», ou encore de faire revenir la diaspora avec les récentes nominations à l’ICAC, la FIU, la MBC, au Cardiac Centre, à la MPCB ou encore à la Telecom Tower. Où est donc la transparence ?

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