Peut-on essayer d’oeuvrer ensemble ?

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Le jugement «historique» du Tribunal d’arbitrage permanent sur la zone de protection marine aux Chagos s’avère une aubaine. Ce n’est pas un dossier sur lequel on devrait tenter de scorer des points ou de régler des comptes de politiciens. Ce n’est pas non plus un débat entre Mauriciens et Chagossiens (qu’ils aient un passeport britannique ou pas). C’est avant tout un enjeu national, touchant à l’intégrité territoriale de Maurice, qui aura un impact sur notre développement et les générations futures. Et cela requiert, entre autres, une bonne intelligence entre l’ancien régime qui a su initier la procédure relative à la Convention des droits de la mer, l’actuel gouvernement qui hérite ici d’une avancée inespérée sur le dossier Chagos et des associations chagossiennes (qui ont trop tendance à s’entre-déchirer ou à faire bande à part).

La route est longue et sinueuse. Après de nombreuses résolutions et discours à l’Onu, des batailles juridiques à Londres qui n’auront rien changé, et des décennies de négociations diplomatiques stériles, le jugement d’Istanbul, qui est irrévocable, vient bousculer la donne. La perfi de Albion est acculée. Maurice en sort ragaillardie. Cette fois-ci, les ‘décrets’ de sa Majesté et autres «delaying legal tactics» n’y pourront rien. Nous sommes arrivés à nous affranchir du joug juridique britannique et à porter le débat sur la scène internationale, avec désormais la Cour internationale de La Haye en ligne de mire. Mais nous n’avons plus le droit aux notes discordantes. Surtout dans le sillage des négociations entourant le renouvellement du bail de Diego Garcia (prévu pour 2016).

Pour bien cerner, de manière sereine, les implications du jugement, la constitution du comité de suivi post-Istanbul que nous promet le Premier ministre est capitale. Outre des représentants des différents partis politiques, il devrait regrouper des expertises de tous horizons, de Bancoult à Mandarin en passant par Vencatassin, de Milan Meetarbhan à Vijay Makhan, de Cassam Uteem à Kailash Purryag, du professeur Philippe Sands à Me Hervé Lassémillante, de Ravi Yerrigadoo à Satyajit Boolell en passant par Dhiren Dabee. On devrait privilégier une approche patriotique afin de montrer à la communauté internationale que Maurice reste uni et indivisible sur ce dossier complexe. Outre les Chagos, ce même comité devrait aussi se pencher sur les cas de Tromelin et d’Agalega afin de dégager une posture cohérente et consensuelle. Il est temps pour Maurice de voir sa dimension marine dans son intégralité. Avec l’intérêt des Chinois et des Indiens, et le développement par rapport au dossier Chagos, c’est tout notre espace géopolitique qu’on devrait réexaminer...

...Mais sommes-nous capables de mettre nos différends de côté ? Quand l’on voit le gouvernement versus le DPP ou vice versa, quand l’on voit l’actuelle chasse aux sorcières, l’accaparement des institutions, et les dérives pouvoiristes contre tous ceux qui ont des liens avec l’ancien pouvoir, il y a, hélas, de quoi s’inquiéter... Le Budget qui précédera les 100 jours du gouvernement Lepep va-t-il pouvoir transmettre un nouveau souffle à un gouvernement qui semble être déjà essoufflé par ses actions souvent, trop souvent, intempestives et contraires à son propre manifeste électoral ?

 
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