Les libertés en sursis

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Le DPP a décidé d’aller devant la justice pour régler le problème causé par la décision arbitraire du gouvernement de le placer sous la tutelle de l’Attorney General. Attaché à son indépendance, le DPP n’accepte pas de perdre le contrôle de son bureau et va jusqu’au bout de sa démarche, pour le bien de notre système de justice.

Le bras de fer entre le bureau du DPP et le gouvernement peut déclencher une crise sans précédent au sommet de l’État. Mais il fallait avoir le courage de l’engager. Dans un contexte où le gouvernement, fort de sa majorité des trois quarts au Parlement, peut céder au vertige du pouvoir, il faut freiner l’ardeur des dirigeants. Sinon, le pays se verra vite confronté à une tyrannie de la majorité.

La meilleure garantie des libertés est la séparation rigide des fonctions des organes de l’État. C’est le fondement de toute société démocratique. La concentration du pouvoir donne toujours lieu à des abus inacceptables en démocratie. S’il remporte son combat contre la volonté du gouvernement de le ramener sous le contrôle de l’Attorney General, le DPP évitera au pays une situation dangereuse pour les libertés.

L’explication des dirigeants du pays s’appuie sur la notion d’«accountability». Cet argument constitue, en vérité, un leurre. Les dépenses du Bureau du DPP étaient déjà soumises à des vérifications multiples depuis 2009 quand ce bureau a été détaché de celui de l’Attorney General. Le budget du Bureau du DPP est non seulement contrôlé à l’Assemblée nationale, mais ses dépenses sont également vérifiées par le directeur de l’Audit. Du reste, le bureau du DPP a été doté l’an dernier d’un budget de Rs 127 millions tandis que, par comparaison, l’ICAC engloutissait Rs 344 millions pour la même période. Et on connaît les résultats de la commission anticorruption en 2014 !

Dans ce débat, certains intervenants réagissent avec émotion. Leurs positions sont déterminées par rapport au détenteur actuel du poste de DPP. Or, la vraie nature du problème dépasse la personne de Satyajit Boolell. Il s’agit de défendre nos libertés.

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