Fortunes cachées

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Le débat actuel sur la saisie provisoire des biens d’un prévenu dans l’attente d’un jugement définitif est utile. En effet, il est important de savoir qui, du DPP ou de la FIU, est le plus apte à traiter de la question. Mais, pour l’immédiat, l’urgence est ailleurs. Il faut intensifier le combat pour la transparence du patrimoine des personnages officiels facilement corruptibles.

C’est la raison pour laquelle la question posée par le député Mahen Jhugroo, demain au Parlement, prend toute son importance. Il y a un contexte qui rend enfin possible la promulgation de lois sur la transparence de la vie publique. Les Mauriciens soucieux de l’intégrité de la vie publique doivent se mobiliser maintenant parce qu’une avancée décisive est à portée de main.

La conjoncture est idéale. Les images saisissantes de coffres-forts remplis à ras bord et l’arrivée au pouvoir d’une équipe qui s’est engagée à lever le silence sur le patrimoine des puissants ont créé les conditions pour obtenir des résultats concrets. Il s’agit de ne pas rater ce virage unique.

Anerood Jugnauth devra préciser demain si son gouvernement va légiférer pour étendre l’obligation de déclarer leurs avoirs aux hauts fonctionnaires, aux conseillers de ministres et aux CEO des parapublics. La réponse du Premier ministre sera attendue avec impatience car l’opinion publique s’intéresse beaucoup trop au train de vie des politiciens et pas assez à celui des hauts fonctionnaires. Pourtant, certains d’entre eux monnayent le pouvoir discrétionnaire qui leur est confi é et s’enrichissent de manière indécente.

Mahen Jhugroo n’a pas cru bon de pousser plus loin le bouchon pour exiger que les déclarations de patrimoine soient rendues publiques. Quelle est l’utilité de déclarer que l’on possède, par exemple, des coffres-forts, des Rolls-Royce et des palais en Europe si la liste des avoirs dormira à tout jamais dans un tiroir de l’ICAC ?

Selon les dispositions légales existantes, personne n’a accès à ces documents. Si la loi est amendée pour que ces déclarations soient déposées à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, comme autrefois, les fortunes cachées seront alors étalées au grand jour.

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