L’erreur est humaine

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A l’impossible nul n’est tenu. C’est pourtant ce qu’on demande tous les week-ends à l’homme en noir. Courser des athlètes de très haut niveau qui vont toujours plus vite, plus haut, plus fort, tout en étant au coeur de l’action, sans en perdre une miette.

Avoir un oeil de lynx et un sens du jugement très aiguisé. Décider en une fraction de seconde. Imposer son autorité. Et, accessoirement, se faire lyncher après coup dans la presse, dans la rue, sur les réseaux sociaux.

En clair, l’arbitre doit effectuer des prouesses hors du commun et courir plus vite que son ombre sans pour autant avoir la panoplie de Lucky Luke. Quel métier ingrat! Seul face à la furia du stade, l’arbitre est seul avec sa conscience. Son sifflet et ses cartons sont ses seules armes. Il n’a pas droit à l’erreur.

Pourtant, les décisions qui reposent sur ses épaules sont disproportionnées par rapport aux énormes intérêts financiers en jeu. L’arbitre doit faire face à la vindicte populaire et l’hostilité des supporters, voire d’une nation, à chaque match, armé d’un… Sifflet.

Samedi dernier, le Mauricien Rajindraparsad Seechurn a pris la décision de siffler un penalty contre la Tunisie, dans les arrêts de jeu du match qui a vu l’égalisation puis la qualification de la Guinée Equatoriale (2-1). Avant ce coup de sifflet fatidique, la Tunisie menait 1-0 et n’était qu’à une poignée de secondes des demifinales de la Coupe d’Afrique des Nations…

On peut comprendre la frustration des Tunisiens, des amoureux du foot, et même certaines réactions à chaud qui dépassent parfois la pensée sous le coup de l’émotion, mais on ne peut accepter le ‘Seechurn bashing’ qui sévit depuis samedi sur les réseaux sociaux. Dont trois pages anti-Seechurn (créées par des supporters tunisiens) sur Facebook, qui rappellent, notamment, une altercation avec le Marocain Marouane Chamakh en 2011 et une connivence avec la Confédération africaine de football.

Au vu des ralentis, il nous semble évident qu’il n’y avait pas penalty et que le joueur équato-guinéen se laisse tomber, piégeant le défenseur tunisien. Sur l’instant, notre compatriote a cru bon siffler penalty et a été dupé.

Qu’aurions nous fait à vitesse réelle, et avec le même champ de vision que l’intéressé, à sa place ? C’est-à-dire sans possibilité de revoir l’action et les ralentis (‘Super loupe’ de Canal+ et autre), dans tous les angles possibles et imaginables, disponibles APRES le coup de sifflet en question ?

Révoquer Seechurn (comme le demandent à corps et à cri des voix tunisiennes) ne règlera pas le problème de fond inhérent à l’arbitrage africain et mondial. Même s'il a été suspendu mardi pour 6 mois par la CAF pour mauvais arbitrage.

Ce n’est pas la première erreur d’arbitrage et ce ne sera hélas pas la dernière. L’arbitrage actuel n’est tout simplement plus adapté au football moderne, il est dépassé, archaïque. L’erreur est humaine, point à la ligne.

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