La Grèce : un exemple à ne pas suivre !

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Alors que le gouvernement ‘Lepep’ flatte son «socialisme novateur», l’alternance politique en Grèce ne peut que nous interpeller. Là-bas, il n’y a pas photo : c’est la victoire du peuple et de la démagogie populiste sur la logique économique même : arrêt des privatisations nécessaires (entre autres des services portuaires), remontée du salaire minimal, réembauche des fonctionnaires pourtant en surnombre. Les premières mesures «anti-austérité» du nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras ne peuvent que faire tiquer. Elles soulignent surtout le mauvais côté de la démocratie en général et du suffrage universel en particulier.

Il y a lieu de contextualiser. Les inégalités économiques en Grèce, pays qui a touché le fond précisément à cause d’une mauvaise gestion politique, relèvent des problèmes propres au pays. Sauf que la Grèce fait partie de l’Union européenne – surprise de voir l’un des siens s’enliser davantage alors que l’euro chute. En élisant le parti de gauche Syriza dirigé par Tsipras – l’homme qui ne porte pas de cravate, comme jadis certains militants du MMM et socialistes du PSM purs et durs de chez nous, adeptes du col mao ou du fameux «safari» – les Grecs ont voulu démontrer leur farouche résistance contre l’austérité prescrite pour les sortir du gouffre. Ce faisant, ils ne font que transférer leur fardeau aux autres citoyens de la zone euro alors qu’eux conservent leur style de vie irresponsable. Une situation qui exaspère les dirigeants européens. Un choc de logiques. Dès lors, il est intéressant de suivre comment Tsipras matérialisera sa volonté de négocier un allégement de la dette avec la troïka (FMI, Union européenne et Banque centrale européenne).

La riposte de Bruxelles ne s’est pas fait attendre. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, premier dignitaire européen à être reçu à Athènes, cette semaine, a été moins débonnaire que d’habitude. Sur «Twitter», il prévient : si le nouveau gouvernement Syriza veut «dire non à tout», alors l’élan de M. Tsipras pourrait être «de courte durée». La Chine, qui a rangé son socialisme pour épouser l’incontournable système capitaliste, s’est dite «très préoccupée» par la situation.

En France, ce 1er février 2015, cela fera 15 ans que le pays est entré dans le régime kafkaïen des 35 heures. Le régime du Parti socialiste, qui a arraché le pouvoir de l’ultralibéraliste Sarkozy, ne sait pas vraiment comment commémorer ce non-sens économique, surtout dans le sillage des largesses de la Grèce. Plusieurs économistes français s’accordent d’ailleurs à reconnaître que les 35 heures constituent «la marque d’un état d’abattement de nos élites : le socialisme dépressif». Loin des périodes de conquête et des grandes ambitions, loin de la promotion du progrès social et de la croissance, les différents gouvernements français ont renoncé à faire grandir l’économie nationale. Et au lieu de répartir les fruits de la croissance, les dirigeants français se contentent de distribuer la misère sous forme de miettes et de crédits à gogo.

Partout dans le monde, que ce soit à Maurice, en France ou en Grèce, l’incapacité à proposer des perspectives aux plus défavorisés et à revoir l’État providence (instauré dans un contexte autre) ne peut que conduire à interdire à d’autres de réussir, voire à interdire à de nouveaux talents de venir s’asseoir autour de la table. À cet égard, les notions de productivité, essentielles pour booster la compétitivité, sont renvoyées aux calendes… grecques, sur l’autel de la politique démagogique. Est-ce que Vishnu saura nous éviter ce piège qui a plombé tant de pays ? Pas besoin d’être un gourou pour lui conseiller de faire le contraire de Tsipras s’il veut réaliser ce miracle économique qu’on a si souvent brandi en campagne électorale…

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