L’État, un rôle à repenser

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L’État, c’est nous ! Faut-il encore le rappeler aujourd’hui, car il n’y a pas si longtemps, certains avaient confondu leurs fonctions à la tête de l’État avec la gestion d’une boutique de quartier où l’on pouvait se servir dans la caisse à sa guise. Il s’agit, bien évidemment, de l’ancien régime qui était tellement déconnecté et incapable de s’ajuster face aux défis de notre époque qu’il a conduit le pays tout droit à une crise de gouvernance.

Les dernières législatives auront donc été un bol d’air frais pour les institutions qui croulaient sous le poids de l’ingérence et du passe-droit. Après le coup de semonce du 10 décembre 2014, tous les yeux sont rivés sur l’Hôtel du gouvernement, en quête d’un signal indiquant un changement de trajectoire face à des pratiques qui étaient jusqu’à tout récemment à des années-lumière des normes de bonne gouvernance. Ces dernières semaines ne sont pas sans nous le rappeler, d’autant plus que de nouveaux éléments commencent à faire surface dans des scandales allégués qui ont grandement contribué à la chute de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam.

Entre les crevasses de la route Terre Rouge-Verdun, les révélations dans l’affaire Roches Noires, dont l’un des protagonistes n’est nul autre que l’ancien chef du gouvernement, et la gestion des terres de l’État, entre autres, la population estime qu’elle a envoyé un message très clair à la classe politique lors du dernier scrutin.

Celui-ci se résume ainsi : il est plus que temps de réinventer la politique et l’administration publique pour les mettre au diapason des valeurs d’une société moderne, de même que des enjeux de notre siècle.

Toutefois, malgré les meilleures intentions du monde, le nouveau gouvernement n’y parviendra pas s’il ne change pas rapidement les règles du jeu. Pourquoi? La réponse est simple : le modèle qui nous a servi de base jusqu’ici n’est plus valable parce que le monde a changé. Malheureusement, dans notre cas, nous ne pouvons en dire autant. D’où, d’ailleurs, les dérives que la presse asystématiquement dénoncées, ces dernières années.

C’est là où le mandat de la majorité issue des urnes prend toute son importance. Il est, en effet, attendu que les nouveaux dirigeants proposent au pays une alternative à la manière d’opérer. Une stratégie allant dans le sens d’une plus grande transparence tout en respectant les droits de tous les Mauriciens.

Les enquêtes initiées par les nouveaux locataires de l’Hôtel du gouvernement sur plusieurs dossiers sensibles peuvent être salutaires, dépendant de leurs aboutissements. Il ne s’agit pas d’essayer d’en tirer un capital politique, mais de situer les responsabilités et de veiller à ce que ceux reconnus coupables répondent de leurs actes.

Or, dans sa forme actuelle, l’administration publique n’impose pas réellement les garde-fous nécessaires aux commis de l’État. La preuve : il est très souvent extrêmement difficile de remonter jusqu’aux responsables dans les cas de mauvaise administration. Nous n’allons pas préjuger de l’issue des cas qui nous préoccupent en ce moment, notamment les investissements dans les travaux publics, mais nous pouvons certainement en faire des cas d’école.

Pour éviter justement que les pratiques d’antan n’arrivent à se frayer un chemin dans le présent quinquennat, il est important, dès le départ, de repenser le rôle de l’État en introduisant des changements profonds et en créant une nouvelle culture des services publics avec pour objectif la recherche de la qualité et de l’efficience. La meilleure façon d’y parvenir, c’est d’outiller le pays de moyens, voire de structures, dignes d’une démocratie moderne car la voie de l’avenir, c’est la responsabilisation.

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