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C’est avec colère que les contribuables se rendent compte que plus de Rs 6 milliards ont été jetées par les fenêtres. Des trous béants, où se sont engouffrés de précieux fonds publics, sont apparus après l’affaissement de la «ring road» en février dernier et celui de l’autoroute Terre-Rouge/Verdun la semaine dernière. Le ressentiment est profond parce que les fautes de cette nature demeurent impunies à Maurice.

La décision du Conseil des ministres de procéder à un audit de tous les projets d’infrastructures routières réalisés depuis 2010 n’est qu’une mince consolation. L’expérience nous montre que ce genre d’exercice n’aboutit à rien. Sous l’ancien gouvernement, le pays avait enregistré des pertes d’un montant total de Rs 10 milliards à travers des «hedging» douteux mais les responsables de ces bourdes n’ont jamais été punis, malgré les promesses de l’ex-Premier ministre.

On se demande par ailleurs si l’audit abordera également les projets fantômes, tel celui du Harbour Bridge. Voilà une infrastructure qui a englouti une somme de Rs 200 millions, payée à des consultants, alors qu’elle n’a jamais vu le jour.

Il ne faut surtout pas espérer que l’une des parties impliquées dans les routes fissurées reconnaîtra spontanément sa part de responsabilité. Déjà, réagissant à l’éventrement de l’autoroute Terre-Rouge/Verdun, l’ancien ministre Anil Bachoo a déclaré qu’il n’est ni responsable, ni coupable. Pourtant, même quand il n’a commis aucun délit, le politique peut être mis en cause pour le dysfonctionnement d’un service tombant sous sa tutelle.

Quant aux consultants, concepteurs ou constructeurs des routes trouées, ils gardent, en général, le silence une fois que l’État leur aura payé rubis sur l’ongle. Se pose alors la question de la surveillance des travaux par les autorités. Les techniciens de la RDA, ceux qui autorisent le paiement à l’entrepreneur, devraient être mis en demeure de s’expliquer sur leurs manquements éventuels.

Un État qui, avec raison, se montre intraitable envers les petits truands n’a pas le droit de mettre à l’abri le col blanc qui manque à ses obligations.

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