Gouvernance : les partis aussi !

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Ce gouvernement est conscient qu’il faut renverser les tendances de décrépitude générale dans la gestion de ce pays. Il l’a affiché explicitement en créant, pour la première fois, un ministère tout entier dévoué à cette seule cause : la bonne gouvernance.
Vaste chantier !



Parmi les premières pistes : une analyse des organismes parapublics, y compris «trusts» divers et «authorities» multiples, pour établir s’ils ont toujours leur raison d’être ou si, dévoyés par le clientélisme et le népotisme, par exemple, ou la simple évolution du pays, ils étaient devenus superfétatoires, inutiles , voire dysfonctionnels . L’objectif est décent. L’argent public, celui pour qui suent tant de contribuables tous les jours, ne doit  évidemment pas servir à nourrir les ego, remplir les poches et véhiculer royalement des partisans politiques sans envergure et incapables d’ajouter de la valeur dans leurs fonctions.



C’est clair, c’est net et c’est sans discussion.


Mais ce chantier est loin d’être le seul !

En ces jours où l’on défile à la Commission électorale, la bouche en coeur et drapé du linceul de la «sincérité» pour affirmer qu’aucun candidat n’aura dépensé plus de Rs 150 000 pour les élections du 10 décembre (soit Rs 9 millions par alliance... allons donc...), il faut, à nouveau, de manière urgente, parler du financement des partis politiques ! D’autant que ce chancre est à la base de tant de soupçons, de dévergondage, voire
de corruption. L’un des problèmes de base est que les gouvernements qui se succèdent depuis bientôt 50 ans ont légiféré à tour de bras pour la transparence des autres, sans jamais être gênés par l’hypocrisie de ne pas pratiquer soi-même ce que l’on prêche. Ainsi, aucun parti politique local n’est tenu (et n’a jamais pris l’initiative) de publier ses comptes annuels aux normes «International Accounting Standards» ! On a bien vu , en son temps , surgir le Sun Trust Building à la rue Edith Cavell et on a tous compris qu’il y avait de bien épais «cash-flows» au-delà des contributions volontaires des membres du parti et de celles, sans doute plus importantes et moins volontaires, des candidats à la députation, ou mieux, des ministrables.



On a d’ailleurs tous enchaîné avec des extrapolations sur les «deux plus grands partis» du pays. D’avant le 10 décembre, s’entend... Qu’ont-ils bien pu faire de leurs sous ? À la vérité, la population reçoit le message que les partis n’ont aucun compte à lui rendre sur leur financement et leurs dépenses. Comment dès lors s’étonner, qu’une fois au pouvoir, on n’ait pas, au moins un peu, la tentation de prolonger cette posture impériale dequi s’applique à tous, ne s’applique pas nécessairement à soi !

Les partis politiques ont besoin d’argent. Soit. À partir de là, le «Financing of Political Parties Act» promis par Lepep (page 43, sousitem 9 du manifeste électoral) devra mener à la publication annuelle et publique des comptes audités des partis. Et conduire, in fine, soit au seul financement par les deniers publics, dans un système transparent et équitable, soit au financement par contribution volontaire, ce qui impliquera une obligation de déclaration des contributions tant par les donateurs (de plus de Rs 100 000 ?) que par les partis bénéficiaires, afin de s’assurer que l’on puisse tout réconcilier et que rien ne se perde en chemin...


Cette réforme est tellement importante qu’elle ne doit pas attendre celle du système électoral, du nombre de mandats successifs permis ou encore de l’âge auquel on peut prétendre à la députation (après tout, on juge généralement inapte au travail les plus de 65 ans et il faut, après 60 ans, un «Competency Certificate» pour un permis de port d’arme, n’est-ce pas !)


La bonne gouvernance, c’est d’actualité, devrait aussi bientôt nous guider sur ce que doit faire un député ou un ministre quand il est accusé, poursuivi, condamné. De ce côté-là, le gouvernement actuel a plus que du pain sur la planche. Il doit gérer un «artocarpus» plutôt lourdement chargé de fruits ! Parmi se trouvent Pravind, Raj, Showkutally...


La leçon à ce niveau nous serait-elle venue de... Yatin et de son patron, Navin ?
Pas possible !

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