Bon sens et décence

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Il est impératif que Kailash Purryag quitte Réduit. Ce n’est pas juste une question de bon sens, comme l’a déclaré, avec tact, Anerood Jugnauth. Il doit se retirer de la présidence  parce que son maintien à ce poste ne répond pas à ce qu'Orwell appelle « la décence ordinaire ».  Dans une démocratie moderne, ce seul critère devrait suffire.

Il est vrai que la Constitution  offre au Chef de l’Etat une protection quasi-absolue  contre la révocation. Mais comment peut-il refuser de respecter le sens du vote populaire sans discréditer les principes démocratiques dont il est le garant ?

Le vote du 10 décembre a exprimé une colère populaire à l’encontre de la famille politique à laquelle appartient Kailash Purryag. Même celui qui lui avait confié la fonction qu'il occupe encore aujourd'hui, Navin Ramgoolam, a été désavoué par l’électorat.

L'onction du suffrage universel a été donnée à la candidate de la nouvelle majorité pour la présidence. Le respect du vœu populaire devrait avoir préséance sur les rigidités d’une disposition constitutionnelle destinée à protéger le président contre toute destitution abusive. En clair, Kailash Purryag doit céder la place à Ameenah Gurib-Fakim.

En vertu de quel raisonnement peut-on justifier la présence du président Purryag au parlement ce mardi 27 janvier? D’autant plus qu’il devra s’efforcer de prononcer plusieurs fois la formule « My Government… »  lors de la lecture du discours programme du nouveau pouvoir.

L’article 30 de la Constitution prévoit un mécanisme lourd pour la révocation du Président : le Premier ministre doit présenter une proposition à l'Assemblée nationale pour la mise sur pied d’un tribunal ; celle-ci doit être adoptée par deux tiers de l'Assemblée ; le tribunal fait ensuite parvenir à l'Assemblée un rapport écrit ; s’il recommande la révocation, une proposition du Premier ministre requérant la révocation est finalement soumise à l'Assemblée.

Légalement, Kailash Purryag est indéboulonnable. Mais moralement, il se tient mal sur son fauteuil.

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