Betamax ou maxiprofits

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Des menaces d’envoyer son adversaire en prison sont souvent faites au cours d’une campagne électorale. En général, cela n’est rien d’autre que de la rhétorique politicienne. Cette fois, la situation est différente. Une série d’actions a été entamée contre les auteurs présumés d’abus commis sous l’ancien gouvernement. Il y a une rupture avec les habitudes passées.

De toutes les enquêtes initiées et les mesures annoncées à l’encontre des princes déchus, c’est le dossier Betamax qui symbolise le mieux la nouvelle approche.

Dans cette affaire, l’objectif premier n’est pas de punir les coupables mais de ramener dans les caisses de l’État des milliards de roupies.

Les gains attendus par les propriétaires du Red Eagle sont jugés illicites et le contrat pour le transport de carburant à bord de ce tanker sera donc renégocié. Le Premier ministre qualifi e les faveurs faites à Betamax de «dilapidation de fonds publics». Les faits allégués dans cette affaire relèvent, au mieux, d’une mauvaise gestion des ressources de l’État et, au pire, d’un détournement de l’argent des contribuables.

Le navire de Betamax a coûté US $ 58 millions mais il est loué à la STC pour un montant annuel de US $ 17,6 millions. Ce qui représente un loyer de US $ 48 000 par jour alors que le taux normal est de US $ 16 500. C’est scandaleux. D’autant plus que le gouvernement de l’époque avait rejeté la proposition de la Mauritius Shipping Corporation d’acheter, au nom de l’État, un navire pour le transport des carburants.

L’État espère économiser au moins Rs 2,7 milliards sur les Rs 5,4 milliards qui doivent être versés à Betamax durant les onze prochaines années selon le contrat initial. L’urgence est bien la renégociation afin d’arrêter l’hémorragie des fonds publics.

Mais, dans un deuxième temps, il faut s’intéresser aux autorités (ir)responsables qui ont permis l’octroi d’un contrat aussi favorable à une société privée. La suite des événements nous montrera si l’action du gouvernement est sincère ou s’il ne s’agit pas, au contraire, de spin doctoring.

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