L’entrepreneuriat: un fabuleux outil d’intégration

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En guise de conclusion à son message du nouvel an, sir Anerood Jugnauth a souligné une importante notion, celle d’une «nation d’entrepreneurs». Pour qu’on (re)devienne cette terre d’entrepreneurs, il ne s’agit pas de «démocratiser l’économie» (en octroyant par exemple les terres de l’État à des copains-copines – voir la liste des bénéficiaires des lopins et autres morcellements dans l’express en date du vendredi 2 janvier), mais il s’agit, avant tout, de comprendre les aspirations et de connaître les initiatives des entrepreneurs. Il s’agit aussi de partager nos expériences et de mutualiser nos savoir-faire.

Pour cela, la libre circulation de l’information devrait être centrale à toute stratégie d’entrepreneuriat. Depuis ses débuts, ce journal s’efforce d’amener le pays à devenir «development conscious» – en multipliant les informations autour des projets, des idées et des réalisations. Le 13 novembre 1968, huit mois après l’indépendance, le Dr. Philippe Forget résumait ainsi la tâche que s’est donnée l’express au jour le jour: «C’est, si l’on veut, un conditionnement de l’opinion. J’estime que le mobile de cette action quotidienne est noble. Elle ne vise qu’à une chose: donner à l’île Maurice sa chance, toutes ses chances – et elle en a.»

La presse, tant qu’elle est considérée comme un vrai partenaire par le gouvernement et le secteur privé, peut largement contribuer à créer et faire perdurer ce climat «fait d’esprit d’aventure et d’agressivité industrielles, d’innovation, d’expérimentation, de travail.» Il s’agit, en fait, de l’optimisme stratégique et délibéré afin d’aboutir à un effort national, concerté, indépendant de la politique politicaille et du noubanisme. D’ailleurs, l’histoire récente nous démontre que ceux qui ont vraiment oeuvré pour une vraie diversification de notre économie sont des visionnaires issus de divers horizons : José Poncini, Maurice Paturau, Fakhru Currimjee, René Seeyave...Et ils nous ont légué de belles pages d’histoire sur l’apprentissage de l’entrepreneuriat. Entre autres qu’il n’y a pas qu’une façon d’entreprendre. Et que ce n’est pas seulement créer une société, monter une entreprise, mais c’est aussi intraprendre, innover au quotidien, essayer, se tromper, se renouveler sans cesse.

Aux États-Unis, la bonne surprise de tout nouvel immigrant est de vite découvrir que ce n’est pas d’où l’on vient ou encore les diplômes qui créent les compétences. C’est surtout l’énergie et le volontarisme démontrés qui assurent ou pas le succès. C’est une culture du risque (qui est à l’opposé de la dictature des diplômes et de celle des pistons).

Chez nous, dans le sillage du souhait premier ministériel, on devrait surtout pousser pour une meilleure prise en compte du développement durable lorsqu’on évoque l’entrepreneuriat. Il est temps d’arrêter de considérer le développement durable comme un frein mais davantage comme une nouvelle opportunité pour de nouvelles initiatives. Par exemple il pourrait servir, comme c’est de plus en plus le cas en Afrique, comme un outil d’intégration socioéconomique des groupes vulnérables. L’entrepreneuriat est, sans doute, la réponse la plus adaptée à nos problèmes actuels (faible croissance, fort chômage et absence d’égalité des chances). Reste à ériger l’entrepreneuriat en culture nationale (c’est-à-dire l’enseigner dès l’école primaire) et le transformer, d’autre part, en fil conducteur des différentes politiques gouvernementales, dont le signal fort sera donné par le premier budget de Vishnu Lutchmeenaraidoo – apparemment l’homme providentiel appelé à réaliser le 2e miracle économique promis par SAJ.

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