De notre responsabilité personnelle

Avec le soutien de

Nous n’avons pas encore rencontré beaucoup de personnes ayant voté POUR Lepep. Le consensus général est que le vote du 10 décembre était un vote CONTRE l’alliance dite de l’«Unité et de la Modernité», qui incarnait, en fait, une «unité» qui a volé plutôt facilement en éclats le lendemain même de la défaite et une «modernité» faite de Rolex, de Rolls Royce, de rêves impériaux et d’immortalité politique. Par définition donc, la majorité de la population (un peu plus de 50 %) a voté pour rejeter ce que le  ouvernement sortant avait à son «actif» et que son partenaire de circonstance (et opportuniste à souhait) avait trouvé plutôt gênant à défendre durant toute la campagne électorale pour, soudain, trouver... indéfendable dès le 11 décembre.

Il n’est donc pas surprenant du tout que sir Anerood, interprétant le message de l’électorat, décide que sa priorité est de gouverner – pas régner – dans l’«honneur» et impose à ses troupes de faire les choses différemment. Respect de la loi et de l’État de droit, sans faveur aucune, recrutements de CEOs par appel à candidatures ouvert, soutien prononcé en faveur de ce qui est productif pour le pays (ainsi une meilleure exploitation de la 3eme voie à Valentina et le rejet du méga projet de métro léger).

Tout cela s’ajoute à une rupture nette avec le récent passé parce que les électeurs l’auront souhaité avec appétit ! Il ne s’agit donc pas de remplacer une bande de privilégiés par une nouvelle bande de protégés. Ca, ce serait de la trahison et de la forfaiture, alors même que l’électorat revendique plus de justice et de transparence, une plus grande égalité des chances, l’avancée du pays vers la méritocratie. Comme promis par le programme Lepep lui-même d’ailleurs. Mais, pour l’électeur Lepep, il ne s’agit pas seulement de revoir son vote tous les cinq ans, de se laver les mains entre-temps et d’attendre patiemment pour juger s’il faudra un autre coup de pied au c... Car cet électeur, dont le PTr-MMM n’a pas su endiguer la rage, a une RESPONSABILITÉ personnelle de s’engager dans les voies dans lesquelles il s’est lui-même commis de par son vote !

Ainsi combien sommes-nous à réclamer que le nouveau gouvernement solutionne le problème de l’eau sans que nous n’y apportions notre modeste contribution, notamment en cessant de gaspiller cette précieuse commodité ? Combien sont-ils les électeurs ayant choisi le «bon camp» qui vont se retenir et ne pas demander à qui un emploi, une allocation ou un bail au bord de mer? Sommes-nous suffisamment nombreux à vraiment vouloir du changement qui mènera à plus de décence à la tête de l’État, à une phobie pathologique contre tout ce qui touche au trafic d’influence et à la corruption, grande ou petite ? Sommes-nous prêts à plus d’efforts dans le travail, à plus d’assiduité dans nos apprentissages, à assumer plus de solidarité agissante, à refuser tout compromis ou toute compromission sur les principes et l’éthique ? Nous ferons nous entendre activement si, trahissant les espoirs premiers, ce gouvernement glisse, comme son prédécesseur vers l’arbitraire, le mégalo, le totalitaire ?

Si la réponse est «oui» aux ci-dessus, le vote du 10 décembre a un sens et le pays a une chance d’être transformé pour le mieux. Autrement, nous aurons remplacé la peste par le choléra. Et nous devrions, alors, tous en assumer la responsabilité.

Personnellement !

***

Comme à l’accoutumée, un changement de régime vient avec une chasse aux sorcières. Ce tropisme s’accommode mal, a priori, avec la continuité de l’État, même si celle-ci reste théorique. Dans les jours qui suivent l’élection d’un nouveau Premier ministre, quel qu’il soit, un nombre important de dossiers prioritaires restent en suspens. Une   démocratie apaisée aurait vu sir Anerood et Navin Ramgoolam travaillant ensemble    durant quelque temps afin de tout verrouiller. Or chez nous, la férocité de la campagne électorale, où l’on frappe souvent sous la ceinture, laisse des plaies tellement béantes entre les clans politiques que toute relation civilisée devient quasi impossible. Ainsi au lieu d’aller prendre le thé au Trésor, à la Clarisse House, ou à La Caverne, c’est au Central CID que Navin Ramgoolam est attendu, ainsi que deux dirigeants du MMM, pour une affaire de micros cachés et d’atteinte à la vie privée qui ne fait pas honneur à la classe politique. Quelle honte de tomber aussi bas, comme dirait Bérenger !

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