La dernière bataille

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Alors, cette campagne électorale 2014 ? Que retenez-vous de cette course dont le dernier virage est prévu ce dimanche avec l’ultime démonstration de force des deux grandes mobilisations ? Pour notre part, on a beau chercher, on n’a eu aucune surprise quant à la manière de faire des deux blocs : meetings, réunions privées, porte-à-porte… Une violence outrancière dans le langage, des coups de poignard dans le dos des nouveaux adversaires qu’on accueillait encore, quelques semaines plus tôt, dans son lit politique, des insultes qui ont témoigné plus souvent de la faiblesse de ceux qui les proféraient que de celle des insultés, un cruel manque d’idées novatrices, que ce soit dans les discours ou dans les manifestes électoraux qui ont réussi, non pas à faire rêver les Mauriciens, mais plutôt à les rendre plus cyniques.

Bref, les citoyens n’ont pas eu de grands frissons et à trois jours des législatives, on rencontre encore des indécis qui peinent à faire leur choix final. C’est dire ! S’agissant des deux grands blocs, alors que le tandem Ramgoolam-Bérenger était donné favori dès l’annonce de la concrétisation de l’Alliance de l’unité et de la modernité, SAJ et ses partenaires ont adopté une stratégie qui a marché : démontrer qu’il y aurait une réelle bataille, que les mathématiques politiques peuvent être faussées même si son parti et ceux de ses alliés ne pesaient pas lourd jusque-là sur l’échiquier.

La première grande décision a été de se mesurer aux Rouges-Mauves en prenant le pari d’organiser le grand meeting de lancement à la même date, soit le 12 octobre. Au fond, l’Alliance Lepep avait pris ce jour-là un risque calculé car le coup d’éclat n’était pas dans le nombre des partisans venus assister au meeting (ils étaient moins nombreux qu’à Quatre-Bornes) mais dans les mesures proposées par SAJ. Les Rs 5 000 promises aux personnes âgées étaient définitivement plus accrocheuses que le droit de vote à 16 ans aux élections régionales que promettaient Bérenger et Ramgoolam à La Louise. Voyant cette tactique de promesse fonctionner, l’Alliance Lepep a continué avec sa politique de «vrai sanzman» en proposant à chaque fois de nouvelles mesures.

Mais personne n’est dupe. C’est sa position de challenger qui a permis à SAJ de montrer qu’il peut faire jeu égal dans la campagne : sans bilan à défendre et surfant sur ses années de boum économique du passé, il n’a fait qu’égrener à chaque fois un chapelet de mesures dont la mise en pratique n’a pas été nécessairement expliquée dans le contexte économique actuel.

En face, si les dirigeants de l’Alliance de la modernité et de l’unité ont découvert, au fil des semaines, que la campagne a été moins facile que prévu, c’est parce qu’on n’efface pas en quelques jours de longues années d’adversité entre partisans mauves et rouges et qu’il est difficile d’oublier la dénonciation, par le leader du MMM alors chef de l’opposition, des nombreux scandales impliquant plus ou moins directement le Premier ministre sortant. Si on ajoute les épisodes on-off, l’incapacité à expliciter le projet de Deuxième République, l’usure du pouvoir des travaillistes après neuf ans, la difficulté qu’ont souvent eu les membres du PTr à rendre des comptes sur les projets promis et non aboutis, on a là un tableau rouge-mauve qui n’est pas vainqueur d’avance.

Du moins, on semble loin du 60-0 annoncé au départ. D’où le forcing de ces deux-trois derniers longs jours décisifs où tout peut arriver, sachant que le jeu communal s’est encore une fois invité au scrutin du 10 décembre. C’est ce dimanche, jour de la dernière bataille des foules, qu’on devrait avoir de nouvelles indications sur l’état du rapport de force. Mais les vrais résultats ne sauraient tarder. Plus que trois jours pour découvrir le choix des citoyens… 

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