Le grand absent

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Il a plu des promesses durant cette campagne électorale. Les Mauriciens qui se rendront aux urnes, le 10 décembre, ont tout entendu, ou presque. De l’augmentation de la pension de vieillesse à la révision du système de permis à points en passant par la fourniture d’eau 24 heures sur 24, les deux principaux blocs politiques qui s’affrontent dans cette joute électorale ne lésinent pas sur les mesures populaires. Au point de se demander s’ils ne réservent pas d’autres surprises à la population d’ici au 7 décembre, date des derniers grands meetings publics.

En attendant, ils sont nombreux les citoyens de la République de Maurice à scruter la shopping list des deux alliances en vue d’y trouver leur compte. C’est d’ailleurs ce que les politiciens les incitent à faire à travers leurs vociférations sur les caisses de savon. Mais dans cette course infernale à grappiller le maximum de votes possible, d’importants enjeux sont laissés de côté.

Nous pensons là au climat, le grand oublié de la campagne électorale 2014. Le terme n’est peut-être pas suffisamment sexy pour aguicher l’électorat mais les enjeux entourant le changement climatique et les thématiques de l’environnement sont de taille, surtout pour un petit État insulaire en développement. D’autant plus que des événements tragiques découlant du phénomène de changement climatique ont secoué le pays il n’y a pas si longtemps. Comment donc ne pas y être sensible ?

Il est dommage que les candidats à la députation n’aient pas jugé utile de sensibiliser la population à la menace que fait planer le changement climatique sur notre société. Tout comme il est décevant de constater que les citoyens n’exigent pas de ceux qui aspirent à les représenter à l’Assemblée nationale qu’ils fassent preuve de plus d’ambition politique sur le climat. Cela, bien qu’ils témoignent régulièrement de l’impact, souvent désastreux, du changement climatique sur leur quotidien. Sur ce plan, Maurice gagnerait à s’inspirer de ce qui se fait chez nos voisins réunionnais.

Personne n’a oublié les inondations meurtrières de mars 2013 qui ont coûté la vie à onze personnes. Certes, nous n’avons pas la prétention de croire qu’une petite île perdue au milieu de l’océan Indien a les moyens d’influencer le climat, mais nous pouvons sans l’ombre d’un doute réduire les risques qui y sont associés. La seule façon d’y parvenir, c’est de s’y préparer.

Or, nous ne le sommes pas, du moins c’est l’impression qui se dégage en voyant à l’œuvre les décideurs politiques. D’où le fait que jusqu’ici, il n’y a pas eu d’actions concrètes visant à améliorer la résilience aux dégâts économiques causés par les catastrophes naturelles.

D’ailleurs, l’une des raisons évoquées l’année dernière par les autorités mauriciennes pour expliquer la révision à la baisse du taux de croissance de 4 % (annoncée dans le Budget) à 3,5 % est la période de fortes intempéries. C’est ce qu’avait confié, lors d’un entretien accordé à Business Magazine, le ministre des Finances de l’époque, Xavier-Luc Duval. Interrogé sur la baisse des prévisions de croissance pour 2013, il avait déclaré qu’en sus d’autres facteurs, « nous avons fait face à une période de fortes intempéries – avec les inondations et un jour de cyclone – qui a lourdement impacté sur les activités économiques ». Au final, le pays a réalisé une croissance de 3,2 % en 2013.

Ce ne sont pas quelques lignes glissées dans un manifeste électoral publié à la veille d’un scrutin qui vont provoquer une prise de conscience sur les risques posés par le changement climatique.

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