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Finis les échauffements. Depuis vendredi après-midi, le soulagement est palpable chez les Mauriciens qui savent désormais qu’ils seront appelés aux urnes le mercredi 10 décembre. Après la révélation de la date des législatives et de celle du dépôt des candidatures (24 novembre), tous les partis politiques se retrouvent désormais sur un pied d’égalité, dans les starting-blocks. À partir d’aujourd’hui, tout est possible pour n’importe quelle formation politique. Mais à voir la mobilisation sur le terrain, il semble, malgré l’encourageante venue de plusieurs autres partis dits petits, que l’issue finale se jouera, une nouvelle fois, entre les deux blocs traditionnels.

Si, depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, il y a une impression que l’alliance de l’Unité et de la Modernité d’un côté et l’alliance Lepep de l’autre font plutôt jeu égal sur le terrain (sur tous les plans : critiques, insultes, promesses douteuses…), le rythme va maintenant prendre un coup d’accélérateur. D’ailleurs, avec la présentation des candidats rouge-mauve hier, le tandem Ramgoolam-Bérenger a tenté de prendre une avance psychologique sur le principal adversaire, l’alliance Lepep, qui annonce une finalisation de la liste des candidats le 15 novembre.

En attendant, les citoyens ont à peu près un mois pour décider du choix de direction qu’ils veulent donner au pays. Une IIe République, une division du pouvoir entre le président et le Premier ministre ou une continuité dans la façon de diriger Maurice avec un mandat de prime ministership pendant cinq ans ? Ramgoolam et Bérenger ou seul SAJ ?

Le/s noms de celui ou ceux qui seront aux commandes de Maurice seront connus le 11 décembre. Et, pour l’heure, il est plus qu’urgent que les deux camps rendent public leurs programmes. C’est notre droit de citoyen d’exiger ce document au plus vite. Doit-on continuer à mendier pour prendre connaissance des desseins qui nous concernent ? Les Mauriciens ont besoin de faire leur choix en toute connaissance de cause, avec le discernement voulu, pour étudier les projets de société proposés chez l’un comme chez l’autre.

Car, depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, au-delà des violentes critiques d’un camp à l’autre, nous avons eu droit à l’habituel jeu démagogique politique de toutes campagnes électorales : que de belles promesses. De l’augmentation de la pension de vieillesse à l’allocation de chômage, en passant par un fonds d’accompagnement pour les jeunes entrepreneurs ou la révision du permis à points, la surenchère ne connaît aucune limite. Et peu importe si on nous ment en nous balançant des projets qui, demain, seraient irréalisables. La mauvaise conjoncture et la crise économique auront alors bon dos. 

De toute manière, tout ce qui compte aux yeux de nos politiciens ces jours-ci, c’est de remporter la victoire coûte que coûte. Le pouvoir, rien que ça. D’ailleurs, si on a du mal à saisir les idéologies ou à voir des différences entre les deux blocs, c’est qu’il y a quelques semaines à peine, les partenaires des deux alliances du jour étaient toujours adversaires : le MMM, dans l’opposition, filait le grand amour avec le MSM, et le PMSD était l’allié du PTr au gouvernement.

Mais notre situation politique étant ce qu’elle est de par la volonté même de nos leaders, aujourd’hui, tout rassemble ce qui, hier encore, séparait les leaders. Ceux-là, contrairement à leurs partisans, ne semblent s’embarrasser d’aucun état d’âme pour embrasser leurs nouveaux alliés. D’où la confusion dans laquelle se trouve une grande majorité de Mauriciens faisant partie des indécis. À qui ceux-là feront confiance ? Encore environ quatre semaines et les citoyens décideront en leur âme et conscience du destin de Maurice.

 
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