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Il n’échappe à personne que les dirigeants de l’alliance PTr-MMM évitent, lors de leurs sorties publiques, de parler du changement constitutionnel qu’ils ont échafaudé. La réforme qu’ils envisagent est présentée de manière sommaire dans le texte de l’accord qu’ils ont signé le mois dernier mais, depuis, ils n’ont fait pratiquement aucune référence à ce thème. Pourtant, la deuxième République est un enjeu majeur pour les élections.

Si Navin Ramgoolam et Paul Bérenger refusent de défendre leur projet, c’est qu’ils craignent une réaction hostile. Ils ont donc choisi de minimiser les risques, en particulier celui de froisser l’électorat du PTr. Du reste, c’est cette méfiance de l’opinion que l’opposition cherche à capitaliser en présentant le scrutin comme un référendum sur la réforme.

Pour l’heure, la formule concoctée par les deux leaders semble avoir pour but de satisfaire leurs intérêts personnels. À eux d’apporter la preuve du contraire. Si la deuxième République qu’ils veulent mettre en place est effectivement un projet avant-gardiste, ils ne devraient avoir peur d’en parler.

Les slogans autour du rééquilibrage des pouvoirs et de l’approfondissement de la démocratie sonneront creux tant que les deux leaders n’apportent pas des éclaircissements sur la réforme en chantier et son calendrier.

Navin Ramgoolam a souvent créé l’impression, par son discours et ses actes, qu’il souhaite exercer un pouvoir absolu tel un monarque. Il lui faut démontrer qu’en vérité il attendait l’occasion de partager ses pouvoirs avec le leader du MMM. Celui-ci, de son côté, doit dissiper l’impression qu’il ne sera qu’un Premier ministre «poupette» en état de soumission devant un Ramgoolam impérieux installé au Réduit.

Bientôt, nous allons célébrer les 50 ans de l’indépendance et les 25 ans de la République. Le dépoussiérage de notre Constitution est nécessaire, certes. Mais on ne s’embarque pas dans un tel projet sans un consensus national. Or, si les politiciens qui préconisent cette deuxième république se sentent gênés pour en parler, c’est probablement parce qu’ils savent que leur projet ne recueille pas l’adhésion de la nation.

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