L’affrontement systématique

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Nous  sommes entrés dans une phase d’affrontement systématique entre camps et partisans opposés. Si nos drones ont réussi à mettre fi n à l’inflation démagogique des foules aux meetings, la confrontation se poursuit sur d’autres plans. Hélas, pas forcément sur la base des idées. L’affrontement se fait quasi exclusivement par rapport à celui ou celle qui propose ou qui dénonce.

Il faut être sourd pour ne pas réaliser qu’une grande partie de l’opinion publique, aujourd’hui encore plus qu’hier, ne se reconnaît ni dans le discours de l’alliance dite de «l’unité et de la modernité» ni dans celui de l’alliance censée représenter «lepep». Et elle se plaint, à chaque coin de rue, de n’avoir pas plus de choix entre ce qu’elle perçoit comme le choléra et la peste. On entend souvent : «Si Navin Ramgoolam est réélu, ce sera une catastrophe. Et si sir Anerood Jugnauth revient aux affaires, cela débouchera fatalement sur une grande désillusion et marquera un retour certain en arrière.»

C’est sûr qu’on entend de moins en moins le fameux «60-0» promis par Paul Bérenger. Même les plus savants des mathématiciens de la politique locale revoient actuellement leurs calculs, sur la base du response de tous ceux qui bravent les services de  renseignement pour assister aux réunions de l’opposition. Si les gens n’ont pas peur de s’afficher dans des rassemblements anti-PTr-MMM, cela peut être lié au phénomène de l’usure du pouvoir actuel, voire l’overdose provoquée par les images de la MBC. L’anti-Ramgoolam-Bérenger se traduit il forcément par un grossissement du corps électoral de l’alliance Lepep ? Ce n’est pas sûr, mais c’est possible...

Au-delà des chiffres, c’est la dimension qualitative qui importe. Si un bloc se révèle incapable de répondre à la question sociale ou économique, il va alors critiquer les propositions de l’autre, car il ne souhaite pas voir son électorat basculer de l’autre côté. Mais la plupart du temps, à la place de vrais débats démocratiques, comme ceux qui se font dans des démocraties dignes de ce nom, nous nous enfonçons dans des oppositions caricaturales, genre la vidéo Vire Mam versus Papa Piti Productions.

Ce qui complique la donne et sème la confusion, c’est que les partenaires en alliance n’ont pas encore accordé leurs violons entre eux-mêmes d’abord. Par exemple, sur l’université des Jeetah, le rôle des associations socioculturelles, le choix des candidats dans la plupart des circonscriptions, l’avenir de l’ICAC, le sort de Callikan et le quantum de la pension de vieillesse, on entend tout et son contraire.

La présence de la ministre indienne Sushma Swaraj chez nous permettra aux chefs politiques de gagner du temps avant de finaliser la liste des candidats. Ceux qui n’auront pas de ticket vont créer des agitations qui vont encore conduire à d’autres affrontements systématiques. Il en sera ainsi pendant de longues semaines.

 
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