Un monde en quête d’équilibre

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Il y a sept ans, une onde de choc traversait les places financières avec l’éclatement de la crise du crédit hypothécaire aux États-Unis. Une année plus tard, soit en 2008, ce fut au tour de l’économie mondiale de se retrouver en récession. Malgré toutes les initiatives et le début de redressement qu’on nous annonce tous les ans, le monde peine toujours à retrouver un certain équilibre.

Même les économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), présentées au plus fort de la crise comme les nouveaux moteurs de la croissance mondiale, ont perdu leur statut de locomotive. Désormais, il est question de ralentissement en parlant des BRICS. D’ailleurs, les statistiques révèlent que les économies de ce bloc ont perdu deux points de croissance entre 2000 et 2011. Une question qui a certainement été évoquée lors des discussions entre les dirigeants de ces pays en juillet dernier au Brésil.

Il faut donc comprendre que le temps qui a été gagné au moyen d’outils monétaires non conventionnels n’a donc pas permis, du moins jusqu’ici, de relancer de manière efficace l’économie mondiale. Les récents commentaires de la directrice du Fonds monétaire international, Mme Christine Lagarde, viennent conforter cette analyse. « Dans l’ensemble, l’économie mondiale est plus faible que ce qu’on avait envisagé il y a six mois », a-t-elle indiqué tout en évoquant sa crainte de voir l’économie mondiale être confrontée à une longue période de croissance économique « médiocre ».

Il est malheureux de le dire, mais dans une conjoncture marquée par de graves tensions géopolitiques dans certaines parties de la planète, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine, il est difficile d’entrevoir un redressement économique accéléré. D’autant plus que la propagation du virus Ebola en Afrique contribue également à accentuer les incertitudes qui planent sur l’économie mondiale.

Ces bouleversements ne sont pas sans conséquences sur notre région. À Maurice d’abord, la croissance continue d’évoluer loin de son potentiel, et ce n’est pas demain la veille que le pays renouera avec des taux supérieurs à 4 %. C’est ce que nous pouvons en déduire à la lecture des derniers comptes nationaux publiés la semaine dernière par Statistics Mauritius.

L’île Maurice n’est pas la seule économie de l’océan Indien à faire face à une baisse de régime. Un recul de la croissance est également attendu aux Seychelles, cette année. C’est ce qui ressort d’un rapport du FMI publié dans le sillage d’une mission dirigée par Marshall Mills à Victoria, du 17 au 30 septembre. Les analystes de l’institution de Bretton Woods estiment que l’économie seychelloise progressera de 2,8 % cette année, alors qu’en 2013 elle a enregistré une croissance de 5,3 %.

Nos voisins de l’île sœur ne sont pas mieux lotis avec un produit intérieur brut qui a crû de seulement 0,7 % en 2013. Une situation qui n’est guère réjouissante du point de vue de la création d’emplois. En visite dans l’île au mois d’août, le président de la République française, François Hollande, s’est dit conscient que la priorité reste l’emploi, plus particulièrement chez les jeunes. À ce titre, il a annoncé plusieurs mesures, mais il n’a pas manqué de souligner la nécessité d’attirer des investisseurs.

Quid de Madagascar ? Après le retour à l’ordre constitutionnel, la Grande île est désormais confrontée à un chantier majeur, celui de la reconstruction. La paupérisation galopante de sa population constitue également un défi de taille pour le nouveau gouvernement.

Face à des conditions externes qui ne sont pas près de s’améliorer et aux déséquilibres qui prendront du temps à se réduire, il est impératif de trouver les moyens en interne pour éliminer les barrières au développement et créer de nouvelles opportunités de croissance.

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