La corruption, bourgeon de printemps...

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Il y a eu plusieurs printemps politiques à travers le monde provoquant différents résultats, pas forcément meilleurs qu’avant. Les printemps arabes de 2011 en sont des illustrations criardes. C’est sans doute pour cela qu’il s’avère moins difficile d’analyser les  dénominateurs communs de la chute de bien des régimes, c’est-à-dire la crise combinée des modèles politique, économique et social, que de prédire l’issue de ces crises. Et souvent, le cocktail explosif des printemps a pour principaux ingrédients : l’autoritarisme (ou l’absence de libertés) et la corruption.

Ce qui se passe actuellement dans la rue à Hong-Kong, où le pouvoir chinois est confronté au défi démocratique, pourrait difficilement se muer en un printemps en raison de la superpuissance de Pékin et de son influence sur les grandes démocraties, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe. Alors que des milliers de membres de la société civile se mobilisent pour réclamer leur droit d’élire les dirigeants de leur choix, les capitaines de l’industrie et de la finance, guidés par d’autres préoccupations, continuent de faire de la Chine leur eldorado, voire leur modèle de succès économique. C’est un peu le cynisme au sommet international quand l’Afrique du Sud, pour ne pas fâcher Pékin, refuse un visa au Dalaï Lama, pourtant prix Nobel de la paix, comme Mandela et de Klerk...

Certes, la Chine aime tuer dans l’oeuf toute velléité de contestation. Les Ouïghours et les Tibétains continuent d’en subir les frais d’ailleurs. Mais, avec les nouvelles technologies de diffusion d’images, il ne faut pas s’attendre à ce que la Chine déploie ses chars à Hong-Kong, comme elle l’avait fait à Tiananmen. 2014 est loin d’être 1989 et les spécialistes relèvent tous que Hong-Kong n’est pas le centre symbolique du pouvoir chinois. Autre différence : les étudiants de 1989 manifestaient surtout contre la corruption du régime et ne voulaient pas forcément plus de démocratie – un concept importé qui doit être contextualisé, adapté et non transposé comme cela a été fait dans nombre de pays, dont le nôtre.

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Autre situation qui interpelle, celle qui a éclaté à la suite de la condamnation de Jayalalithaa Jayaram, dirigeante de l’État du Tamil Nadu, pour avoir amassé une fortune disproportionnée par rapport à ses revenus de politicienne. Cette condamnation a fait l’effet d’un tremblement de terre car l’ancienne star du cinéma était perçue comme une demi-déesse. Plus d’une douzaine de ses fidèles se sont suicidés. Cette condamnation intervient après 18 ans, sept juges, 25 appels auprès de la Cour suprême et le transfert du procès en dehors de l’État du Tamil Nadu.

La condamnation d’un responsable politique de ce niveau pour corruption est inédite en Inde. Elle s’inscrit dans la volonté de Narendra Modi de combattre la corruption dans la vie politique en Inde, où la disproportion de la corruption est si flagrante.

À Maurice, malgré les millions que nous coûte l’ICAC – apparemment appelée à être démantelée – on n’en est pas encore là. Et puis, de toute façon, chez nous, je ne vois personne qui se suiciderait pour, disons, Ashock Jugnauth.

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