Souriez, vous aurez un ticket

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Même les incapables auront leur chance, dit-on à voix basse. Faites vos jeux ! Après l’officialisation des deux alliances, inimaginables il y a quelques mois à peine, tous les yeux sont maintenant rivés sur les candidats qui seront alignés par les deux principaux blocs. Qui seront ces messieurs/dames qui figureront bientôt sur la photo officielle ? Le lobbying ne connaissant aucun repos, l’on assiste actuellement à la traditionnelle guerre des places en vue de décrocher le fameux sésame qu’est le ticket électoral. Ainsi donc, ici et là, que ce soit du côté du PTr- MMM ou de l’alliance MSM-PMSDML, des groupes de pression se sont constitués pour tenter de forcer la main de leurs leaders respectifs, afin que X, Y ou Z soit maintenu ou obtienne un ticket dans une circonscription précise.

À cause du nécessaire compromis par temps d’alliance, des candidats qui sont potentiels selon leurs propres dires, envoient leurs partisans en sous-marins pour s’assurer d’être parmi ceux et celles qui souriront à la caméra le jour de la présentation des prétendants. Il y a ceux-là, mais aussi les autres. Ces autres qui, semble-t-il, n’ont pas grand espoir de se voir aligner et qui, du coup (n’ayant rien à perdre ou tentant un coup de poker ?), choisissent une posture plutôt surprenante pour se faire entendre. Vasant Bunwaree et Yatin Varma appartiennent à cette catégorie.

Ainsi aura-t-on vu l’ancien Attorney General s’en prendre à un candidat donné favori, qui briguerait, selon les rumeurs, les suffrages rouges-mauves dans la circonscription no 12. De son côté, le ministre de l’Éducation a provoqué la surprise en spéculant devant des partisans rouges sur ce qu’il appelle «la mainmise du MMM» si d’aventure Ramgoolam mourrait ou encore s’il était jugé inapte à assumer ses fonctions. Il faut dire que Bunwaree, avec ou sans ticket, a été entendu par le Premier ministre qui a (pour calmer la base travailliste ?) jugé utile de balayer ses craintes, tout en trouvant ses propos déplacés en conférence de presse, hier.

Cela dit, force est de constater que peu de candidats – et ce n’est pas une surprise – seront choisis en fonction de qualités telles que la méritocratie, la compétence ou encore l’engagement. D’ailleurs, à voir les noms cités avec persistance en ce moment, l’on conclut que le renouvellement de la classe politique n’est pas pour les prochaines législatives. Ainsi, dans une large majorité des cas, on prendra les mêmes pour recommencer. Pourtant, avant de les réaligner, les électeurs auraient dû avoir la possibilité d’interroger ces prétendants : quel est leur bilan ? Comment ont-ils contribué à améliorer la vie des habitants de leurs circonscriptions ? Dans l’opposition ou au sein du gouvernement, est-ce qu’ils ont représenté dignement leurs mandants à l’Assemblée nationale ? Ont-ils respecté leurs engagements après avoir été élus ?

Des questions qui resteront sans réponses, car quoi qu’en disent les leaders, au final, à l’heure du choix des candidats, c’est le profil sociologique qui dominera une fois de plus tous les critères. Demandez à Adrien Duval – «un nouveau fils de» dans l’arène – qui se voit, pour l’heure, refuser une investiture au no 6, sur la base de son appartenance ethnique. Peu importe que l’on soit incapable, le bon profil ouvre toutes les portes. Et ce n’est pas une nouvelle !

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