Les poids des contre et des pour

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À observer, écouter, lire les réactions sur les réseaux sociaux, les radios privées et quelques tribunes ici et là après (i) l’annonce de l’alliance PTr-MMM, (ii) le get-together qui a vu fuser des dizaines de bisous entre d’anciens farouches adversaires, (iii) l’accord signé entre Ramgoolam et Bérenger hier, c’est un fait que cette nouvelle alliance rouge-mauve n’emballe pas la jeunesse mauricienne. Malgré la réaffirmation des deux chefs qui, ce samedi encore, ont donné la garantie qu’ils feront de Maurice un pays plus moderne doublé d’un modèle unique de démocratie, pour l’heure, leurs discours ne provoquent aucun frisson tant ils semblent hermétiques. Pourtant, nul ne contestera le slogan plutôt vendeur : Un peuple uni, un pays moderne. Mais le Mauricien lambda reste mal à l’aise devant les effusions d’amour de ces deux «kamarad» qui ont découvert leurs nouvelles affinités à la veille des législatives. Ils auront beau nous dire qu’ils ont mis leurs divergences de côté, «dans l’intérêt du pays», une partie du peuple n’accorde pas de crédibilité à  la parole de ces deux nouveaux alliés  qui maîtrisent la capacité de tout dire et son contraire.

Cela dit, pour l’instant, on n’entend que les voix qui contestent cette alliance et une partie de ceux qui refusent de jouer le rôle de moutons de Panurge de leurs leaders respectifs (plutôt dans le camp mauve). Est-ce suffisant pour laisser penser que les Mauriciens sanctionneront les deux ennemis d’hier en reportant leurs protests votes sur le bloc de l’opposition ou les petits  partis ? Pas sûr. Car de l’autre côté, à part les dirigeants, les délégués mauves à qui l’on a, pour dire le moins, forcé la main lors de leur dernière assemblée, il n’y a pas eu beaucoup d’écho de la part de ceux qui soutiennent l’alliance  rouge-mauve.

C’est connu : les voix des protestataires sont toujours sonores. Mais qu’en est-il des autres ? Ceux-là qui ne sont pas moins mauriciens et qui ne s’expriment pas sur les radios, qui ne partagent pas leurs états d’âme sur Facebook et qui ne voient aucune nécessité de discuter politique. Ce sont ceux-là qui font les élections et les leaders politiques ont intégré cette réalité. C’est pourquoi, malgré la confiance affichée par Ramgoolam et Bérenger en un éventuel 60-0, les deux hommes savent que rien n’est acquis car, si l’alliance de l’opposition réussit le tour de force de se montrer plus crédible, rien ne dit qu’elle ne pourra pas provoquer quelques surprises. Ramgoolam et Bérenger ne sont pas dupes. D’où les premiers tirs hier en direction du seul challenger direct : SAJ.

C’est ainsi que Ramgoolam nous a appris que «SAJ insulte l’intelligence bann Morisyen», alors que Bérenger s’est dit choqué par les propos de son ex-allié. Tellement choqué qu’il a cru bon d’annoncer, à l’intention de SAJ, que «1995 n’était  qu’une ‘‘réclame’’», oubliant volontairement qu’il fut révoqué du gouvernement travailliste 18 mois plus tard. Tout comme il a oublié qu’il y a eu en 2000 le remake MMM-MSM où il était en alliance avec SAJ. C’est dire que le ton de la campagne est donné et il va de soi que la première grande sortie de cette nouvelle alliance se vivra sous l’angle d’une démonstration de force, lors du premier grand meeting commun dont la date n’a pas encore été annoncée. On devine que le but sera d’obtenir une première victoire psychologique sur l’adversaire direct. 

Si jusqu’ici, on n’a pas encore senti la dynamique de l’alliance PTr-MMM, on saura très vite, après la distribution des banderoles hier, si les partisans des deux partis ont pu, eux, suivre l’exemple de leurs leaders en mettant leurs divergences de côté pour militer dans l’intérêt du pays…

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