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En Vérité - Et si c’était pour notre bien ?

5 septembre 2014, 06:59

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En Vérité - Et si c’était pour notre bien ?

Les longs mois de discussions, les états d’âme qui s’affichaient publiquement tantôt en mode «on», tantôt en mode «off» , les ruptures «définitives» qu’on récusait la semaine suivante comme dans les meilleurs romans-photos, un Parlement conjointement mis en veilleuse et, fait apparemment unique au monde, une opposition officielle en négociation d’alliance avec le gouvernement en place ; tout cela a aidé à colorer notre image de l’alliance qui se dessine, alors même que nous n’en connaissons pas le contenu !

 

L’on ne peut tout simplement pas dire que l’impression a été particulièrement positive jusqu’ici !

 

Mais il serait pour le moins malhabile et peut-être aussi malhonnête de notre part de passer un jugement sur la pertinence et l’utilité d’une telle alliance dans les circonstances du moment. Nous avons été, en effet, seulement spectateurs innocents des danses nuptiales, à ce stade, et sommes encore bien incapables (au vu des précédents…) de savoir si les bans se transformeront effectivement en certification de mariage, et sommes totalement, mais alors totalement incapables de savoir ce qu’il y a dans le trousseau ou d’appréhender si le mariage sera fertile ou pas. Pour le pays, s’entend ! Plus visible par contre, le contenu de la dot est plus ou moins connu : 30 : 30, hiérarchie du «front bench», présidence renforcée…

 

On ne peut donc que théoriser pour le moment. La jonction des deux plus grands partis du pays permettra sans doute moins de fracture sociale que dans les situations où l’un s’est retrouvé, dans le passé, au pouvoir et l’autre dans l’opposition. Le «nou bann» prendra certes de l’épaisseur ! Au point où il sera beaucoup plus difficile de faire de petites faveurs à ses favoris et plus simple de punir ses adversaires. C’est mathématique. Espérons seulement que la méritocratie fasse son grand retour et que le jeu hormonal de ce grand mariage soit tellement fort que l’on se sente même la grandeur d’âme de ne pas ostraciser les opposants. Ce qui serait, d’ailleurs, une démonstration tangible d’un attachement aux principes mêmes de la démocratie dont on se targue et pourrait favoriser jusqu’à l’élimination des dysfonctionnements partisans qui gênent l’économie et, par là même, nos aspirations à des devenirs communs meilleurs.

 

La grande crainte demeure la tentation totalitaire que peut engendrer une trop forte majorité et qui pourrait mener au bâillon ou pire pour les contradicteurs. La joute électorale qui va suivre va être intéressante. Le choix principal se résumera à soit avoir confiance que Ramgoolam et Bérenger nous veulent suffisamment de bien (ou qu’ils se surveilleront suffisamment entre eux-mêmes) pour que nous leur donnions un mandat fort, soit que nous ne le pensons pas, dans lequel cas il nous faudra nous résoudre à un choix encore moins attrayant comme gouvernant, le clan Jugnauth, mais seulement parce qu’ici il agira comme chien de garde, du moins parlementaire. Nous aurions aussi intérêt, en passant, à bien nous investir dans la sélection, le vote et l’élection d’hommes et de femmes de qualité partout où cela sera possible : en effet, bien au-delà de l’importance des partis, une démocratie se respecte quand elle est défendue par des hommes et des femmes de conscience et de culture, pas par des arrivistes et des suiveurs.

 

Pour le moment donc, pas beaucoup plus à dire. Il faudra espérer que les termes de l’alliance «formidable» pour le pays soient connus rapidement et complètement. Contrairement à cette pratique de secret que nous avons développée avec Mangalore, Jin Fei, Neotown, Red Eagle et tant d’autres dossiers.

 

Ici, à «l’express», la course, à ce stade, paraît courue et l’on veut bien croire que c’est pour notre bien, mais, comme toujours, on ne se contentera pas d’impressions et de spéculations. On jugera sur pièce et dans les faits.