Pas d’homme à abattre

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Le Premier ministre, M. Navin Ramgoolam, même s’il dit que sa vie est «un livre ouvert», a droit à une vie privée et peut la mener comme bon lui semble. Personne n’en veut au Premier ministre personnellement. Elégant, amusant, avec un sens inné de l’empathie, c’est un homme sympathique et souvent aimé. Mais n’en déplaise à M. Bérenger, l’express est dans son rôle d’informer quant aux relations du PM avec une puissante femme d’affaires, puisqu’il s’agit d’une question d’intérêt général, soit celle de la relation du pouvoir politique avec le monde des affaires, notamment sur la question de chances égales de réussite économique, d’autant plus quand on évoque la démocratisation de l’économie.

Il ne semble pas qu’il soit possible à tous, dans ce pays, d’aspirer à décrocher une concession de restaurant sur une plage publique, à la location d’un îlot pour restaurer des touristes, à un bail hôtelier, a la dé-proclamation d’une route côtière, à un contrat à l’aéroport, à un «deal» immobilier plutôt généreux «sur plans». On se trompe peut-être, mais la convergence de faits fait plus que sourciller et, en d’autres temps, au temps où il y avait encore des scandales, cette convergence aurait sûrement ému un leader de l’opposition.

L’express ne veut abattre personne mais l’express en appelle de toutes ses forces à encore plus de décence et de respect des principes dans les plus hautes sphères de l’Etat et ne s’écartera donc pas de ce qu’il perçoit être sa responsabilité de souligner les liens qui devraient inquiéter la population, non pas affectivement, mais sur le plan du favoritisme possible.

Il y a deux manières principales de mener un pays. La première, beaucoup trop présente depuis trop longtemps déjà pour ne pas handicaper nos aspirations d’avenir meilleur, consiste à manier les faveurs et les punitions dans un savant dosage qui maximiserait, selon ses pratiquants, les chances de succès politique. La seconde consiste à opérer selon des principes et des valeurs immuables en toute circonstance et à mener par l’exemple. La première école a sans doute la faveur d’Al Maliki et autres, la seconde est plutôt celle d’Obama ou de Mandela.

L’express n’a pas d’homme à abattre. L’express souhaite seulement apporter sa lumière et son énergie pour promouvoir les meilleures pratiques dans notre nation, dont celles de l’équité et de l’Egalité de chances.

L’express n’a pas d’homme à abattre, mais veut d’autre part s’assurer d’un pays qui n’a pas peur et qui n’accepte pas l’arbitraire, le subjectif, le cynique, l’injuste.

L’express ne souhaite abattre personne, mais l’express ne s’épargnera aucun effort et prendra quelques risques pour s’opposer aux dérapages qui offensent les espoirs de la nation qui espère encore et qui ne pourra jamais être du fromage.

P.S. : Finalement, ceux qui, hier matin, ont massivement et systématiquement acheté l’express-dimanche afin que les concitoyens ne puissent s’informer et se faire une opinion librement, essaient de protéger les lecteurs de l’express contre quoi exactement qu’ils ne doivent absolument pas savoir ? Et en reproduisant un comportement vu dans le passé sous l’initiative de Gaëtan Duval, Xavier Duval et Alan Ganoo, réalisent-ils qu’il s’est, depuis, développé un monde digital, un «cloud» qu’on ne peut pas acheter ?

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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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